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 Ton visage danse sur les ombres quand les souvenirs sombres m'assassinent [PV Alan]

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Léïlan Valingaï

SERDAIGLE




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MessageSujet: Ton visage danse sur les ombres quand les souvenirs sombres m'assassinent [PV Alan]   Mar 10 Aoû - 23:18

Enfin, la rentrée allait bel et bien avoir lieu dans quelques jours maintenant. Chaque jour, j'avais espéré que ce moment arrive enfin, pour qu'il me délivre de ma solitude. Seule, je l'avais en effet quelque peu été durant ces vacances d'été, que j'avais dû passer entièrement à Poudlard. Après tout, depuis ma condamnation lors de ma quatrième année, je n'avais d'autre choix que de vivre en permanence dans le château, même pendant les deux mois d'été. Bien évidemment, je regrettais de ne pas avoir pu sortir, ne serait-ce qu'à Pré-au-Lard, même accompagné par mon tuteur. Bien sûr, j'aurais préféré être en Russie pour pouvoir passer du temps avec mes frères, mais cela n'était absolument pas possible. J'enviais largement ces élèves qui ne pouvaient pas me comprendre, j'enviais même les créatures magiques qui, elles, n'étaient pas en cage à Poudlard ! Pendant plusieurs jours, d'ailleurs, quand tout le monde fut parti et que seuls quelques professeurs étaient encore présents, j'étais restée dans mon coin, passant tout mon temps seule et dormant encore dans le dortoir des Serdaigles, même si cela me faisait encore plus déprimer. Puis Alan était arrivé et avait encore réussi à trouver les mots justes pour me faire sortir de mes idées noires.

Alan... C'était difficile de qualifier notre lien tellement il était fort pour moi. Il était tout ce qui me restait maintenant : il était mon tuteur, mon mentor, mon directeur de maison. C'était ma seule famille belle et bien vivante et consciente. Au début bien sûr, ceci n'était pas gagné d'avance : il avait récolté, grâce à Jarod, d'une gamine de 14 particulièrement agressive et solitaire, qui préférait être seule et refuser de lui obéir. Au bout d'un moment, il aurait pu me punir violemment, m'affronter pour m'obliger à céder, mais il ne l'avait pas fait : il m'avait juste parlé, me faisant comprendre que tout pouvait bien se passer si j'y mettais du bien. En effet, il n'avait pas eu tort. Il avait réussi à me dompter comme on le ferait d'un animal sauvage, m'apprenant à maîtriser ma magie blanche, mais aussi noire, m'entraînant au duel (chose que je ne pouvais pas faire dans le club de Poudlard, vu que l'on m'avait refusé vu les rumeurs circulant à mon sujet) et me soutenant malgré mes doutes. Oui, dans tout Poudlard, hormis Dean, il s'agissait véritablement du seul avec qui j'étais sympathique, lui parlant même de moi lorsqu'il me le demandait, ou quand mes émotions étaient trop fortes et que je n'arrivais pas à les canaliser.

Il m'avait beaucoup aidé depuis l'attaque de Dean d'ailleurs, et ces moments avaient renforcé tout le respect et l'amitié que j'avais pour lui. J'avais en effet eu des difficultés à maîtriser ma magie, qui s'échappait parfois lorsque j'affrontais des émotions bien supérieures à celles habituelles : il avait tout fait pour m'apprendre à maintenir en sureté mon potentiel, calmant mes crises. Pour tout dire, j'avais même pleuré à ses côtés, ayant du mal à ne pas culpabiliser sur ce qu'il s'était passé, surtout que le Serdaigle était encore inconscient. Je lui avais même révélé notre dernière discussion, c'était pour dire...

Heureusement, me direz-vous, il n'y avait pas que lui qui me soutenait, même si les autres en faisaient beaucoup moins que lui. Pour commencer, il y avait Thomas, ma terreur et ma fascination incarnées : c'était grâce à lui si Dean n'était pas décédé, et il m'avait "recueilli" le soir de l'attaque, me déposant dans les appartements d'Alan lorsque mes forces m'avaient abandonné. Il y avait aussi Aidan, même s'il était plus discret : je savais pourtant qu'il était là si j'avais le moindre problème, lui qui me l'avais prouvé les premiers jours après l'accident. Après tout, il avait fait fuir les personnes voulant me questionner pour Dean, qui m'accusaient même d'avoir voulu le tuer de mes propres mains ! C'est d'ailleurs ce que j'aurais fait d'eux si l'ancien Serpentard n'avait pas été là. Son agression m'avait effrayé également, et j'avais été le voir de temps en temps, pour prendre de ses nouvelles et lui tenir compagnie. Il y avait les autres rebelles aussi, surtout Jarod, mais je ne parlais pas beaucoup en leur présence.

En tout cas, nous étions en pleine après-midi, et j'étais déjà en train de somnoler dans un fauteuil, en train de lire une des livres de magie avancée dont m'avait fait cadeau Alan pour mon anniversaire. Même si certaines choses s'avéraient encore un peu compliquées pour moi en pratique, je comprenais la théorie et essayais même parfois de mettre sur papier mes idées de sortilèges, ou d'applications de certaines théories magiques. Cela m'occupait, il fallait bien le dire... Mais aujourd'hui, je n'en avais même pas le courage. J'avais encore passé une nuit blanche, comme souvent lors de ces vacances, et les cernes qui se dessinaient sous mes yeux n'étaient pas forcément rassurantes sur mon état. Pourtant, je ne pouvais m'empêcher de dire que tout allait bien, en souriant un peu pour appuyer ce mensonge. Je cachais en fait mes cauchemars récurrents, mes souvenirs noirs qui me donnaient le cafard et cette soif de magie noire qui me taraudait alors que j'avais envie de tuer encore du mangemort, par vengeance envers ceux qui avaient gâché ma vie. En tout cas, je n'allais pas faire ceci de suite... Ayant fermé les yeux, je somnolais à tel point que je n'avais même pas entendu quelqu'un entendre et se placer juste devant moi. C'était pour dire à quel point j'étais fatigue, moi qui étais toujours sur le qui-vive...
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Alan Parrish

POUDLARD




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MessageSujet: Re: Ton visage danse sur les ombres quand les souvenirs sombres m'assassinent [PV Alan]   Jeu 2 Sep - 16:13

Ces "vacances", si l'on pouvait appliquer ce mot à ce qu'il avait vécu des deux derniers mois, étaient sur le point de se terminer. Contrairement à son habitude, il n'avait pas pu se rendre dans le sud de la France, où il passait d'ordinaire ses permissions à nager dans l'eau tiède ou à courir sur la plage, lorsqu'il n'était pas occupé avec une belle demoiselle.

En comparaison, le magnifique château lui était apparu à l'image du pays où il était venu s'installer : froid, sombre et lugubre. Là où le soleil réchauffait la peau et le cœur en France, il ne paraissait que l'ombre de lui-même en ces lieux où il était presque en permanence dissimulé par une couche de nuages sombres.

Il y avait deux raisons majeures à sa présence à l'école cet été : la première consistait à protéger coûte que coûte Dean Anderson, filleul de son ami Ryan et petit-ami de sa protégée, Léïlan Valingaï. Celle-ci était d'ailleurs la seconde raison qui l'avait poussé à demeurer à Poudlard.

En effet, à sa grande surprise, il avait noué des liens forts avec l'adolescente rebelle que Jarod lui avait confié juste après qu'il l'ait empêché de finir à Azkaban. Bien sûr, cela n'avait pas été facile au début. La Serdaigle était profondément renfermée sur elle-même et se méfiait beaucoup des autres, à l'exception près de Dean.

Alan aurait pu utiliser la force pour la rendre docile mais pour avoir vécu lui-même une enfance assez solitaire et tourmentée par l'attitude de ses camarades de classe, il savait que ce n'était pas la solution. Voilà pourquoi il avait décidé d'appliquer avec elle ce que Ryan avait fait pour lui en son temps.

A savoir, l'écoute. Etre présent à ses côtés lorsqu'elle avait besoin de soutien et être également là pour la réconforter ou tout simplement pour prêter une oreille attentive à ses tourments. C'est ainsi qu'il avait découvert une jeune femme profondément meurtrie par la vie et dont l'un, sinon le seul rattachement à la lumière résidait dans un garçon qui se trouvait toujours entre la vie et la mort.

Entrant dans ses appartements, c'est sans surprise qu'il aperçut Léïlan assise dans l'un des confortables fauteuils de la pièce, un livre à la main mais le visage penché de telle manière qu'il était facile de deviner qu'elle était en train de s'endormir.

Sans faire le moindre bruit, il se rapprocha d'elle et déposa sur la table de nuit un flacon de potion de sommeil, qui lui permettrait enfin de pouvoir se reposer, chose dont elle aurait sûrement bien besoin après les nuits blanches qu'elle avait passé. Il le savait bien puisqu'il s'était souvent rendu dans sa chambre en entendant ses cris pour la rassurer et lui faire comprendre qu'elle ne craignait rien.

Retirant délicatement le livre qui se trouvait entre ses mains pour le poser silencieusement sur la table à côté d'elle, il la souleva délicatement pour l'allonger sur le lit. Néanmoins, à peine l'eut-il allongée que celle-ci rouvrit ses yeux ensommeillés, cherchant sa baguette à tâtons.

- Désolé de t'avoir réveillée, Léïlan. Je pensais que tu dormais un peu plus profondément vu ton état de fatigue.

Il s'était exprimé sans le moindre sarcasme, chose rare pour le professeur habitué à rabrouer autant ses élèves que ses collègues mais avec un mélange de douceur et de sollicitude, duquel était absente toute forme de pitié. L'enseignant savait que la jeune femme aurait détesté qu'on la prenne en pitié, tout comme il l'aurait lui-même mal pris s'il avait été dans la même situation.

- La rentrée est dans quelques jours et tu es complètement épuisée. Je n'ai pas pu m'en procurer plus tôt parce qu'une certaine... toxico avait quasiment vidé les réserves pendant l'été mais je t'ai apporté ceci.


Et il désigna d'un geste de la main la fiole de potion, qui lui permettrait de dormir d'un sommeil sans rêve.

L'adolescente n'était pas très à l'aise avec le contact physique en général mais leur proximité, aussi bien par le lien qui les unissait que par leurs conditions de vie, avaient levé les barrières à ce niveau. C'est pourquoi il posait délicatement une main sur son front, vérifiant qu'elle ne couvait rien avant d'esquisser un léger sourire.


- Je ne suis pas censé te le dire avant plusieurs jours mais tu vas devenir préfète cette année. Cela signifie bien sûr certaines responsabilités dont tu te serais bien passée mais aussi certains... privilèges. Ceux-ci incluant une absence de couvre-feu par rapport aux autres élèves, le pouvoir d'enlever des points et bien sûr, l'autorisation de te déplacer dans la plupart des lieux à accès restreint du château.

Voyant les yeux ensommeillés de l'adolescente s'illuminer de compréhension, il élargit un peu plus son sourire.

- Oui. En plus de l'autorisation que je t'ai accordée pour prendre des livres dans la section restreinte, tu pourras t'y promener comme tu veux. De même que tu pourras rester aux côtés de Dean même après les heures de visite, je me suis déjà arrangé avec l'infirmière et la Directrice... et l'interdiction de Quidditch est également levée, ce qui signifie que tu pourras intégrer l'équipe cette année si tu le désires.

Avoir de l'influence avait parfois du bon, même s'il n'en usait pas d'ordinaire. En effet, grâce aux relations privilégiées entre la Directrice et son vieil ami, Ryan Turner, chef du Département de la Justice Magique, il avait pu négocier de petites entorses aux conditions de liberté surveillée de Léïlan.

Dont une autre qu'elle apprécierait peut-être.


- Tu auras également le droit de te rendre à Pré-au-Lard lors des visites scolaires, sous ma "surveillance" évidemment. J'essaierai néanmoins de me faire discret si tu veux t'y rendre avec tes amis. Désolé de ne pas avoir pu faire plus.

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Léïlan Valingaï

SERDAIGLE




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MessageSujet: Re: Ton visage danse sur les ombres quand les souvenirs sombres m'assassinent [PV Alan]   Ven 3 Sep - 16:49

Finalement, j'avais fini par m'endormir d'un sommeil plus que léger, pas vraiment réparateur au final. Oh, bien sûr, je profitais de chaque petit moment comme cela, non gâché par des cauchemars qui me réveillaient en sursaut, parfois en criant. J'avais d'ailleurs honte de réveiller Alan ces nuits-là, mais il refusait mes excuses et passait du temps à me rassurer, me prouvant aussi que je n'avais absolument rien à craindre à l'intérieur même de Poudlard. Je savais que plus de surveillance avait été établie dans le parc et la forêt de l'école, afin d'éviter qu'une agression comme celle de Dean puisse se reproduire. Personne n'avait encore arrêté le mangemort responsable, mais j'espérais qu'il ne fallait qu'un peu de temps pour cela : en tout cas, je faisais tout pour m'en persuader. Après tout, on n'avait toujours pas réussi à soigner Dean de manière convenable...

Quand je rouvris enfin les yeux, ce fut uniquement parce que je sentis que l'on m'allongeait. Maudissant mon manque d'attention et mes endormissements de plus en plus fréquents, je voulus saisir ma baguette que j'avais normalement gardé près de moi lorsque je reconnus la personne située juste au-dessus de moi. Soupirant légèrement en le regardant d'un air d'excuse alors que j'avais pensé l'attaquer, mes yeux pourtant encore ensommeillés remarquèrent que je n'étais plus dans le salon des appartements du professeur de DFCM, mais dans la chambre que j'occupais, bien allongée sur mon lit.


Désolé de t'avoir réveillée, Léïlan. Je pensais que tu dormais un peu plus profondément vu ton état de fatigue.

Depuis le début de notre rencontre il y a plus d'un an, il avait changé par rapport à moi. S'il m'avait considéré comme une simple élève dont il devait s'occuper pour rendre service à son ami Jarod, il était passé à l'attitude d'un véritable tuteur soucieux du bien-être de sa protégée. Pourtant, et je lui en étais reconnaissante, il ne me prenait absolument pas en pitié, constatant juste les faits et m'aidant à les résoudre si cela était nécessaire. C'est ainsi que j'étais passé du statut de la jeune fille que les élèves méprisaient voire essayaient de transformer en proie à celle de la Serdaigle crainte, peut-être respectée, mais à qui on ne cherchait aucunement des noises. Après tout, certains pensaient (à tort ou à raison) que s'ils s'en prenaient à moi, les élèves paieraient cet affront. Être vue comme la petite protégée d'un professeur, surtout d'un aussi craint qu'Alan, avait du bon parfois.

Ce n'est rien Alan, c'est de ma faute, je n'aurais pas dû m'endormir comme cela, je perds de la vigilance.

Comment aurais-je pu lui dire de but en blanc qu'en effet, j'étais tellement épuisée que ce genre de situations m'arrivait assez souvent maintenant ? Même si je lui avouais quasiment tout ce qui me passait par la tête, je gardais tout de même une certaine constante dans mon comportement froidement humain d'une personne n'aimant pas avouer ses faiblesses à d'autres personnes. Je savais pourtant qu'il ne serait pas dupe, loin de là : en plus du fait qu'il commençait tout de même à me connaître, il était assez observateur pour le deviner seul. En temps normal, je me serais juste excusée pour mon endormissement et je serais partie pour qu'il ne s'inquiète pas pour moi, mais j'en avais quelque peu assez de cela. De toute façon, je risquais de me rendormir assez rapidement si cela continuait ainsi, et il le saurait par mes cauchemars omniprésents. Même s'il était à mes côtés, je ne pouvais pas m'empêcher d'en faire, à mon grand désarroi pour mon souci de discrétion.

- La rentrée est dans quelques jours et tu es complètement épuisée. Je n'ai pas pu m'en procurer plus tôt parce qu'une certaine... toxico avait quasiment vidé les réserves pendant l'été mais je t'ai apporté ceci.

Tournant la tête, j'observais en silence la petite fiole qui, je le compris plus ou moins rapidement, contenait de la potion de sommeil. J'étais contre ce genre de subterfuges... en temps normal. Après tout, je savais pertinemment que, si je continuais sur cette voie-là, les remontrances de professeurs furieux que je m'endorme en cours amèneraient à des retenues, et mon comportement remonterait aux oreilles de la psychologue, ce qui n'était absolument pas bon pour moi. Pourtant... J'avais lu que cette potion pouvait occasionner une dépendance, et je ne le souhaitais pas particulièrement, souhaitant avoir un sommeil le plus normal possible, même si cela semblait compromis en ce moment.

Je n'ai pas vraiment le choix n'est-ce pas ? Si je n'en prends pas, ce sera pire qu'une certaine forme de dépendance... Mais je ne vais absolument pas en abuser, je vais juste faire tout pour dormir normalement une fois que je serais totalement reposée.

Un léger sourire ironique s'était dessiné sur mes lèvres alors que je me rendais compte de ses propos. Ainsi, même dans une école de magie aussi surveillée, il y avait des drogués ou des dépendants aux médicaments ? Cela ne me surprenait pas vu la stupidité de la majorité des étudiants ici. Si seulement j'avais deviné qu'il s'agissait d'un professeur, j'aurais certainement réagi plus fortement, mais comment aurais-je pu le deviner vu qu'Alan ne m'avait pas parlé de l'identité de cette personne ? Je restais cependant calme, fermant juste les yeux alors que mon tuteur passa doucement sa main sur mon front. Toutes ces précautions, qui m'auraient fait grimacer si elles avaient été prises par d'autres personnes, me firent de nouveau sourire. Si j'appréciais très peu les contacts physiques, les refusant même la plupart du temps, le fait de vivre dans les mêmes appartements qu'Alan m'avait aidé à accepter ce genre de choses, surtout qu'il ne le faisait que si nécessaire. Après tout, je doutais qu'on puisse remarquer de la fièvre sans toucher le front... Hormis avec un thermomètre bien sûr, mais changeons donc de sujet.

- Je ne suis pas censé te le dire avant plusieurs jours mais tu vas devenir préfète cette année. Cela signifie bien sûr certaines responsabilités dont tu te serais bien passée mais aussi certains... privilèges. Ceux-ci incluant une absence de couvre-feu par rapport aux autres élèves, le pouvoir d'enlever des points et bien sûr, l'autorisation de te déplacer dans la plupart des lieux à accès restreint du château.

Ah, préfète... Contrairement à de nombreux élèves qui avaient sauté de joie d'atteindre cette distinction, j'eus d'abord une grimace à l'idée des responsabilités qui m'attendaient. J'avais horreur de me mêler aux autres, horreur d'être obligée de faire respecter des règles que je ne suivais pas toujours. Quelque chose me disait qu'on allait crier au piston pour ma nomination, voire qu'on allait encore plus me fuir. D'un autre sens, en considérant tout ce que je pouvais faire grâce à cela, ce titre n'était plus aussi lourd, plus agaçant qu'autre chose.

Comme il me l'avait dit, je n'aurais absolument plus besoin de me cacher quand je sortirais dans les couloirs la nuit, vu que je pouvais faire des rondes pour punir les élèves nocturnes. En plus de cela, je pourrais me débarrasser des gêneurs comme quatre Serpentards particulièrement pestes s'amusant à répandre des rumeurs sur mon compte. En effet, depuis que j'avais surprise la Delasange à ne pas être du tout aussi angélique que ses apparences le supposaient, elle a décidé de se venger, voulant même faire de moi sa souffre-douleur. Le problème est que, comme elle n'y arrive pas seule, elle essaie de me faire trébucher avec ses amies, et ce afin de m'achever. Pas de chance pour elle, je doutais que de simples mesquineries étudiantes parviennent à me faire du mal maintenant.


Les Serpentards risquent de voir leurs points chuter à cause de certaines demoiselles...

Ne pouvant m'empêcher de sourire tout en sachant qu'Alan était certainement au courant de ces faits, je réfléchis enfin au dernier aspect des autorisations, à savoir l'autorisation de me rendre dans des endroits à accès restreint. J'en connaissais, bien sûr, même si j'avais accédé à un certain nombre d'entre eux illégalement, comme la forêt interdite. Cependant, un de ces lieux n'avait jamais pu être visité par mes soins, et une lueur d'espoir apparut dans mon regard, alors que j'espérais vraiment que ce dernier en fasse partie.

- Oui. En plus de l'autorisation que je t'ai accordée pour prendre des livres dans la section restreinte, tu pourras t'y promener comme tu veux. De même que tu pourras rester aux côtés de Dean même après les heures de visite, je me suis déjà arrangé avec l'infirmière et la Directrice... et l'interdiction de Quidditch est également levée, ce qui signifie que tu pourras intégrer l'équipe cette année si tu le désires.

C'était même bien plus que ce que j'avais imaginé ! Avoir un accès illimité à la réserve de la bibliothèque était un point véritablement positif pour agrandir mes connaissances (même si les rumeurs sur ma magie noire allaient aller en s'amplifiant), surtout que de nombreux ouvrages interdits aux autres y étaient entreposés. Vu mon problème, je n'avais jamais pu recevoir une quelconque autorisation à aller prendre ne serait-ce qu'un petit livre de là-bas, tout comme les alarmes postées là-bas n'avaient empêché d'y accéder dans la nuit. Maintenant, ce temps était révolu, faisait partie du passé.

Pour le Quidditch, c'était un deuxième souhait qui s'accomplissait. Moi qui avais été une des meilleures batteuses, voire la meilleurs selon les professeurs, des équipes de Durmstrang, cela me manquait énormément, même si je l'avais caché tout ce temps. Pour compenser, il m'arrivait de voler un peu, en douce quand le stade était vide. Cependant, je n'avais pas le véritable contact de ma batte de Quidditch, ni même de Cognards à éviter. J'avais gardé l'agilité et la santé physique nécessaire pour effectuer de bons résultats, il me manquait juste l'intégration dans l'équipe. Je savais que je pouvais réussir haut-la-main les sélections, je le ferais donc.


J'ai hâte de faire résonner ma batte durant les matchs, elle a soif des Cognards !

*Autant que j'avais soif du sang des mangemorts* ne pus-je m'empêcher d'ajouter mentalement, en espérant juste qu'il ne lise pas dans mes pensées.

Pour Dean, j'étais contente bien évidemment, aussi contente que pouvait l'être une jeune femme qui pourrait voir son petit-ami, son fiancé même, autant de temps qu'elle le souhaitait. Cependant, je m'en voulais : si les meilleurs médicomages étaient allées à son chevet sans résultat, je ne pouvais pas m'empêcher de penser que s'il était à Saint-Mangouste, on s'occuperait peut-être plus de son cas. Bien évidemment, si même j'avais su le défendre ce jour-là, aucun souci de ce genre ne se serait posé, mais je tus mes angoisses : Alan les désapprouvait et voulait réussir à me faire comprendre que je n'y étais pour rien après tout. Pourtant, je ne pus m'empêcher d'émettre quelques mots, d'un ton un peu gêné.


Si je n'étais pas coincée à Poudlard, il pourrait aller à Saint-Mangouste, n'est-ce pas ? Il serait mieux pris en charge par les médicomages ainsi.

- Tu auras également le droit de te rendre à Pré-au-Lard lors des visites scolaires, sous ma "surveillance" évidemment. J'essaierai néanmoins de me faire discret si tu veux t'y rendre avec tes amis. Désolé de ne pas avoir pu faire plus.

Désolé ? Il osait s'excuser alors qu'il m'offrait là un magnifique cadeau à mes yeux ? Mes yeux s'embuèrent même légèrement alors que je me rendais compte qu'il avait réussi à m'obtenir un peu de liberté. Même si Dean m'avait permis de sortir illégalement de Poudlard grâce à son phénix, j'avais toujours regretté de ne pas pouvoir le faire légalement, en plein jour, et savourer un peu l'impression d'être comme tous les élèves, même si ce n'était pas exactement le cas. Je ne pus m'empêcher de lui serrer doucement la main, n'étant pas du genre à sauter au cou des gens, même si mon émotion était palpable. Je savais qu'il comprendrait aussi sûrement que si lui-même l'avait ressenti. Relevant un peu la tête pour le fixer droit dans les yeux, un sourire plus épanoui qu'avant, je pis enfin le temps de lui répondre.

Tu sais, ce n'est pas avec les relations que j'ai avec les élèves que tu auras besoin de te faire discret. J'accepterais même d'y aller avec toi si tu le souhaitais ! L'essentiel est juste que je puisse sortir de ce fichu château, au moins de temps à autre, et tu as réussi cela !
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Alan Parrish

POUDLARD




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MessageSujet: Re: Ton visage danse sur les ombres quand les souvenirs sombres m'assassinent [PV Alan]   Dim 12 Sep - 17:19

Tu sais, ce n'est pas avec les relations que j'ai avec les élèves que tu auras besoin de te faire discret. J'accepterais même d'y aller avec toi si tu le souhaitais ! L'essentiel est juste que je puisse sortir de ce fichu château, au moins de temps à autre, et tu as réussi cela !

Alan serra doucement la main de l'adolescente, comprenant parfaitement les sentiments qu'elle faisait converger dans ce geste mais aussi dans ses yeux. Il fut aussi heureux de voir un sourire plus détendu s'esquisser sur ses lèvres.

- Ne t'en fais pas pour la potion de sommeil. La dépendance n'intervient qu'au bout d'un certain dosage et d'une certaine régularité, on fera simplement attention et en cas de pépin, on y substituera du philtre de paix. C'est certes moins puissant mais avec un peu de méditation, cela devrait te permettre d'éviter les cauchemars. Concernant les Serpentards... cela ne me gêne pas de regarder de l'autre côté pendant tu règles tes comptes avec certaines pestes. Ayant déjà eu affaire à ce genre de filles, je peux comprendre à quel point c'est... agaçant.

Ce n'était pas un mensonge. Lors de sa scolarité à Beaubâtons, il s'était souvent retrouvé confronté à ces filles qui se croyaient meilleures que tout le monde et qui passaient le plus clair de leur temps à s'en prendre aux plus faibles qu'eux. Or, un jeune élève sans parents était bien sûr une proie facile...

Toutefois, cela n'avait pas duré longtemps. Le jeune Parrish se souvenait d'une de ses premières rencontres avec Ryan, à l'occasion de laquelle le futur Lord Turner avait magistralement rembarré ces filles et fini sa tirade par un sortilège des plus raffinés.

Oui, la vision de ces filles pendues au plafond par leurs chevilles, leurs robes dévoilant leurs culottes - et même l'absence de celles-ci pour certaines d'entre elles - à tous les élèves présents les couloirs à ce moment là, demeurait pour lui un souvenir mémorable, dont il se servait encore de temps à autres pour son patronus. D'ailleurs, elles n'avaient plus jamais osé embêter qui que ce soit pendant le reste de leur scolarité, tant Ryan les effrayait.


- Pour ce qui est de Dean, je te rappelle que Ryan avait fait venir ici les meilleurs médicomages de tout le continent. Il n'y a pas de potions, de matériel ou de personnel à Ste Mangouste qui soient meilleurs que ceux qui sont déjà venus ici. En revanche, dis-toi qu'il serait beaucoup plus facile de l'atteindre s'il se trouvait au milieu d'un hôpital où tant de gens circulent plutôt qu'à l'infirmerie où les entrées et sorties sont strictement contrôlées.

Bien qu'il ne l'eut pas énoncé à voix haute, Alan s'inquiétait du sort du jeune Anderson. Il avait la certitude que les Mangemorts ne s'arrêteraient pas là et tenteraient probablement de finir ce qu'ils avaient commencé. Après tout, dans l'état actuel des choses, Dean pouvait se réveiller à tout moment et dès lors qu'il aurait repris conscience, il serait alors mis en sécurité et complètement hors de portée des serviteurs d'Aegnor... chose qui ne pouvait pas être faite pour le moment, autant par égard pour Léïlan que pour les conditions médicales optimales qu'offrait l'infirmerie de Poudlard.

- Je serais ravi de t'accompagner à Pré-au-Lard, si tu le désires. Ce n'est pas grand chose mais ça te fera voir un autre paysage et tu pourras faire un peu de shopping tranquillement. La "normalité" est un concept qui nous est relativement étranger mais tant qu'à faire, pourquoi ne pas profiter de ce qu'on a ?

Il avait essayé d'insuffler un peu plus d'espoir dans ses mots qu'il n'en ressentait en réalité. Les attaques à Pré-au-Lard avaient été sporadiques mais elles s'étaient toutefois produites et l'infortune de Dean avait démontré que même la Forêt Interdite n'était pas sûre vis-à-vis de l'intrusion de mangemorts.

Alan ne tarda toutefois pas à chasser ses pensées de son esprit et revint sur le sujet discuté précédemment.


- En ce qui concerne les autres élèves, ne t'es-tu pas liée d'amitié avec un Serdaigle, le jeune Leroy, je crois ?

Parrish devait avouer qu'il était curieux à propos de l'adolescent. Ce dernier était bien sûr très doué dans les disciplines académiques mais il avait aussi démontré un certain talent pour le duel, bien plus avancé que la plupart des élèves de son âge et probablement assez proche des capacités de Léïlan.

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Léïlan Valingaï

SERDAIGLE




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MessageSujet: Re: Ton visage danse sur les ombres quand les souvenirs sombres m'assassinent [PV Alan]   Dim 12 Sep - 22:21

Je savais qu'il avait compris, je n'avais qu'à le regarder et sentir sa main serrer doucement la mienne pour en avoir la confirmation. C'était l'une des raisons pour lesquelles j'appréciais cette homme qui était devenu mon tuteur : s'il me faisait une faveur, il n'attendait jamais rien de ma part, pas de grand remerciement ou autre. Non, il me suffisait juste de rester comme j'étais, et cela semblait lui suffire. Je pensais, de mon côté, qu'il voulait juste me rendre ma "captivité" plus heureuse, que je puisse oublier que j'étais en réalité prisonnière de l'école jusqu'à la fin de ma dernière année, mais comment aurais-je pu l'oublier ? Je savais pertinemment que, s'ils ne me jugeaient toujours pas "normale", je tomberais finalement à Azkaban, ou je serais enfermée encore à Poudlard, et ce n'étaient que des exemples pris au hasard. Si tous étaient aussi retors que la femme me servait de psychologue, j'avais de quoi m'inquiéter sur mon futur. Bien évidemment, je mettais aussi entre parenthèses le fait que je n'avais plus un sou vu que ma famille avait bloqué l'accès à mon coffre, mais ce n'était qu'un détail. Au pire, s'il le fallait, je ferais des petits boulots pour me faire une réserve d'argent et pouvoir vivre à peu près normalement.

- Ne t'en fais pas pour la potion de sommeil. La dépendance n'intervient qu'au bout d'un certain dosage et d'une certaine régularité, on fera simplement attention et en cas de pépin, on y substituera du philtre de paix. C'est certes moins puissant mais avec un peu de méditation, cela devrait te permettre d'éviter les cauchemars.

Je lui faisais confiance de toute façon, et je savais qu'il ne me transformerait pas en droguée de base, obligée d'avoir sa dose de potion pour se sentir bien sans l'être réellement. S'il n'y avait pas eu Alan, je n'aurais certainement jamais accepté de prendre une potion, quelle qu'elle soit, quitte à devenir malade de fatigue. Cependant, je savais qu'il devait vérifier les potions et en savoir le dosage, histoire de ne pas faire de faux pas et d'entraîner des complications, ou des "pépins" comme il disait. Quitte à choisir, j'aurais même pris uniquement du philtre de paix, mais je me persuadais qu'il fallait que je prenne cette foutue potion de sommeil, pour me remettre sur pied bien plus vite.

Concernant les Serpentards... cela ne me gêne pas de regarder de l'autre côté pendant tu règles tes comptes avec certaines pestes. Ayant déjà eu affaire à ce genre de filles, je peux comprendre à quel point c'est... agaçant.

Plus qu'agaçant. Si je ne t'avais pas comme tuteur, si j'étais réellement seule, j'en aurais certainement blessé grièvement une ou deux, voire pire.

Même si cela m'aurait gêné de l'avouer devant d'autres personnes, j'avais bien envie parfois de faire des meurtres à Poudlard, de véritables meurtres envers les personnes qui se fichaient de moi. Je savais que cela était certainement dû à la magie noire qui me hantait, et que j'avais parfois envie de laisser s'échapper, pour lâcher un peu de lest. J'étais au courant que, plus j'en faisais, et plus cela augmentait, mais je ne pouvais pas m'en empêcher. Si Alan m'apprenait à maintenir l'équilibre, histoire que je reste sur le fil tiré entre magie blanche et noire, j'avais parfois du mal à ne pas me laisser attiré du côté sombre, elle qui était si offensive, et qui me promettait une vengeance sanguinaire et violente. Je voulais faire souffrir les mangemorts comme ils avaient gâché ma vie, c'est à dire intensément, passionnément même. Si j'avais été toute seule, je me serais peut-être même enfuie de Poudlard comme une louve, pour tuer tout ceux qui me cherchaient des noises. J'aurais été une mercenaire anti-mangemorts, tuant pour ne pas être tuée et pour me sentir vivante.

Pourtant, je n'étais pas seule, je ne l'étais plus, et je refusais de décevoir les personnes croyant en moi. Quand je sortirais enfin d'ici, je deviendrais certainement une rebelle, rien que pour pouvoir m'occuper d'autant de mangemorts que je le souhaitais. Cependant, pour cela, je devais me contrôler, je ne devais pas foncer tête baissée sous peine d'être confinée là-bas pour qu'ils puisse avoir des informations de la part des captifs. Pourtant, s'ils savaient à quel point j'avais hâte de pouvoir me défouler vraiment ! Mais pour le moment, je devais simplement me contenter de gamines de Serpentards qui se flattaient d'être les meilleures rien que par leur argent et leur sang pur. Bon sang, j'avais leur statut avant, et on voyait où cela m'avait mené ! Leur vie ne serait que richesse, lèche-bottes et siestes, quel intérêt ? Oui, je les jalousais maintenant en quelque sorte, autant que j'avais pitié d'elles. Elles me dégoûtaient, à s'occuper juste de la vie des autres pour répandre une tonne de ragots malveillants sur ceux qu'elles jugeaient indignes. Pas de chance, j'en faisais partie, mais malchance pour elles, je n'allais pas aller pleurer dans un coin en attendant que ça passe. Je luttais contre elles, quitte à vouloir les ridiculiser publiquement.


- Pour ce qui est de Dean, je te rappelle que Ryan avait fait venir ici les meilleurs médicomages de tout le continent. Il n'y a pas de potions, de matériel ou de personnel à Ste Mangouste qui soient meilleurs que ceux qui sont déjà venus ici. En revanche, dis-toi qu'il serait beaucoup plus facile de l'atteindre s'il se trouvait au milieu d'un hôpital où tant de gens circulent plutôt qu'à l'infirmerie où les entrées et sorties sont strictement contrôlées.

C'est vrai qu'il est mieux ici, pour la sécurité.

Avouer directement à Alan que j'étais aussi heureuse de pouvoir le voir comme il était ici alors que, s'il avait été à Sainte-Mangouste, je n'aurais pas pu ? Si je lui confiais tout, il y avait certaines choses que je préférais ne pas préciser, rien que parce qu'il s'agissait de ma vie privée, et ne concernait que moi. Cela expliquait aussi pourquoi je parlais si peu de lui depuis l'accident, certainement. Il y avait des sujets que je ne préférais pas aborder, voilà tout. Cela pouvait d'ailleurs expliquer les rumeurs qui m'avaient le plus blessé, et qui avaient manqué plusieurs fois me faire perdre mon sang-froid : selon certains, mon manque d'émotions apparentes avait signifié que j'avais attaqué mon petit-ami de mes propres mains, et que c'était uniquement Thomas qui m'avait empêché de le tuer. Il s'agissait des seules choses qui m'avaient valu des retenues l'année dernière, pour dire ! S'il y a bien une seule personne à qui je ne pouvais faire de mal, c'était bien Dean, je l'aimais bien trop pour cela. Il constituait même la seule véritable retenue vers la magie blanche, Alan n'aurait servi que de ralentisseur à mes yeux.

Tu penses qu'il se réveillera un jour Alan dis ?

L'espace d'un instant, la tristesse et une certaine fragilité put se lire sur mon visage, reflet de cette culpabilité qui me tenait éveillée parfois la nuit, en-dehors des cauchemars. Si tous m'avaient dit que je n'y étais pour rien dans cette attaque, comment aurais-je pu ne pas y penser ? Thomas Anderson ne tenait guère à son fils, il n'y avait donc eu aucune tentative de pression. Non, je ne voyais que moi dans cette situation, moi qui aurais pu être tuée lors de cette attaqué si Dean ne m'avait pas poussée. C'est lui qui m'avait sauvée, et il allait peut-être le payer de sa vie. Comment ne pourrais-je pas me sentir mal après cela ? Cependant, je me remis bien rapidement derrière mon masque de la fille froide, presque hautaine que j'étais devenue, derrière cette carapace dure que je m'étais forgée, hors des émotions que je pouvais éprouver.

- Je serais ravi de t'accompagner à Pré-au-Lard, si tu le désires. Ce n'est pas grand chose mais ça te fera voir un autre paysage et tu pourras faire un peu de shopping tranquillement. La "normalité" est un concept qui nous est relativement étranger mais tant qu'à faire, pourquoi ne pas profiter de ce qu'on a ?

Je ne suis pas forcément très shopping tu sais, je ne te forcerais pas à faire les boutiques. Non, rien que me balader dans le village voire juste à côté me fera du bien.

Oui, finalement, c'était juste m'imaginer libre qui me suffisait. Pour les affaires scolaires, j'avais ce qu'il me fallait, ou cela serait assez vite fait. Pour le reste, genre les vêtements ou autres... J'avais horreur de ça. Contrairement aux demoiselles arborant toujours des quantités astronomiques de tenues différentes et très (trop ?) colorées en-dehors de l'uniforme, ce dernier me suffisait, et quelques tenues sombres accompagnaient le tout les jours où il n'y avait pas de cours. Si quelques-unes des victimes de cette tendance appelée mode se moquaient de moi, je m'en fichais bien : je préférais en voir plus à l'intérieur qu'à l'extérieur, économiser comme une fourmi alors qu'elles exposaient leurs richesses à la vue de tous. Quel intérêt, là encore ?

Pourtant, je ne me rappelle presque plus d'avoir été normale un jour... Même si j'aurais aimé l'être.

Tout ceci remontait à tellement longtemps finalement... J'aurais pu dire que cela datait de ma condamnation, mais quelque chose avait déjà changé à mon arrivée à Poudlard. Je n'étais qu'une Russe inconnue ici, une Durmstrangienne future mage noire selon les autres. A l'école russe, au moins, j'avais été respectée au vu de mes capacités, j'avais même eu quelques amis dont le contact s'était arrêté aussi net que mes parents m'eurent répudiés. Cela avait été le premier goût de trahison étant atteint ma gorge, alors que tant d'autres suivirent.

- En ce qui concerne les autres élèves, ne t'es-tu pas liée d'amitié avec un Serdaigle, le jeune Leroy, je crois ?

C'est bien compliqué que cela tu sais.

Je n'avais même pas pu m'empêcher de soupirer alors que cette question arriva. Pouvais-je exactement le qualifier d'ami ? Après tout, il me manipulait si aisément et sans honte aucune... J'aurais pu être une de ses marionnettes, mais je savais ne pas être réduite à cela aux yeux du Serdaigle, vu qu'il prenait soin de moi en quelque sorte, et ce encore plus depuis l'agression de Dean. Après tout, c'était lui qui m'avait sauvé, moi et Dean, et lui qui avais amené mon fiancé à l'infirmerie alors que j'en avais été incapable. C'est lui aussi qui avait tenté de m'apaiser après cela, m'ayant même amené jusque dans les appartements d'Alan pour que je m'y repose.

Pourtant, d'un autre côté, il m'effrayait tout particulièrement, cela était un fait. Je le savais bien plus fort que moi, et il pouvait me faire faire n'importe quoi, même m'embrasser sans que je ne réagisse. Cela me rendait tellement mal à l'aise que j'en rougis même un peu, mais je résolus pourtant de ne pas dire tout cela à Alan. Non, il fallait que je me concentre sur d'autres faits.


Il m'aide depuis le jour où il a apporté Dean à l'infirmerie, et il est très sympa avec moi. Cependant, il manie la magie noire aussi bien que les mots, je pense qu'il peut être dangereux Alan, il l'est en tout cas plus que la majorité des élèves de Poudlard à mon avis.
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Alan Parrish

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MessageSujet: Re: Ton visage danse sur les ombres quand les souvenirs sombres m'assassinent [PV Alan]   Lun 13 Sep - 18:07

Plus qu'agaçant. Si je ne t'avais pas comme tuteur, si j'étais réellement seule, j'en aurais certainement blessé grièvement une ou deux, voire pire.

Alan eut grand peine à réprimer le sourire qui menaçait de fleurir sur ses lèvres. Il ne pouvait décemment pas encourager sa protégée à laisser libre court à sa colère, surtout lorsqu'on considérait sa puissance et la difficulté qu'elle avait à la contrôler mais il la comprenait mieux qu'elle ne le pensait. Malheureusement, elle n'avait pas de Ryan pour l'aider et son meilleur appui se trouvait dans le coma.

- Elles ne méritent pas que tu te mettes en danger pour elles, Léïlan. Goldsmith a eu du mal à t'éviter Azkaban malgré ses talents d'orateur et surtout, son influence, alors sois sûre que si l'occasion est redonnée au Magenmagot, et plus particulièrement à ses membres mangemorts ou sympathisants, de te condamner, ils n'hésiteront pas. Lui répondit-il d'une voix douce et dénuée de proche.

Jarod était un homme influent, puissant aussi bien magiquement que politiquement tout en conservant une certaine indépendance mais même lui ne pourrait pas protéger la jeune Valingaï si celle-ci s'exposait à nouveau aux feux de ses détracteurs.


C'est vrai qu'il est mieux ici, pour la sécurité... Tu penses qu'il se réveillera un jour Alan dis ?

Alan sentit son cœur se resserrer dans sa poitrine tandis qu'il contemplait l'espace d'un instant le vrai visage de Léïlan, celui qu'elle dissimulait presque perpétuellement sous le masque de l'adolescente froide et forte : le visage d'une jeune femme triste, dont les yeux exprimaient autant la peine que le remord pour ce qu'elle croyait être sa faute mais aussi la peur, la peur que Dean ne se réveille jamais.

Il passa doucement une main dans ses cheveux sombres et répondit d'une voix qui se voulait encourageante, bien que teintée par l'émotion.


- S'il y a la moindre chance, il la saisira. S'il y a bien une chose que je sais de ce garçon, c'est qu'il est aussi têtu que son parrain... et qu'il a du répondant. Après tout, il a quand même demandé ta main en pleine forêt alors que tu venais tout juste de lui avouer tes sentiments, non ? Il faut que tu croies en lui, Léïlan.

Et il attira un instant sa tête vers lui pour déposer un baiser sur son front. Le jeune Parrish ne put s'empêcher d'esquisser un léger sourire mélancolique, aussi bien adressé à sa protégée qu'à son meilleur ami qui se trouvait bien loin d'ici.

Ryan connaissait son opinion de la famille. Sa mère était morte quand il était encore petit et son père l'avait abandonné à ses grands-parents, incapable de vivre avec le souvenir constant de sa femme bien aimée sous les yeux. Voilà pourquoi il n'avait jamais eu envie de fonder un foyer, arborant la peur irrationnelle de ne pas être un bon père, de ne pas savoir comment un père se comporte à l'égard de ses enfants...

... et pourtant, depuis que Jarod lui avait confié cette fille, reniée par ses parents et quasiment seule au monde, il avait senti quelque chose en lui, une envie de l'aider et de la protéger comme si elle était des siens. Depuis la disparition de ses grands-parents, il avait considéré Ryan, son meilleur ami, son frère d'armes, comme sa seule famille, mais aujourd'hui, Léïlan y avait une place elle aussi.

Elle ne tarda toutefois pas à recomposer son masque et de répondre à ses autres questions, notamment en lui rappelant qu'elle n'aimait pas particulièrement le shopping mais aussi qu'elle aurait voulu être normale. Alan aurait tellement voulu exaucer son souhait mais de même qu'il ne pouvait pas changer son propre passé, il ne pouvait pas changer le sien. Comme disait son vieil instructeur : "On vient au monde avec certaines cartes en main, bonnes ou mauvaises, et il ne nous revient qu'à en tirer le meilleur parti possible".

En revanche, son explication concernant le jeune Leroy l'intrigua, ainsi que le rougissement sur les joues de Léïlan..


Il m'aide depuis le jour où il a apporté Dean à l'infirmerie, et il est très sympa avec moi. Cependant, il manie la magie noire aussi bien que les mots, je pense qu'il peut être dangereux Alan, il l'est en tout cas plus que la majorité des élèves de Poudlard à mon avis.

Parrish se contenta d'acquiescer lentement de la tête avant de prendre la parole à son tour.

- Je sais qu'il cache sa véritable puissance, mais j'ai pourtant perçu d'étranges... fluctuations dans son aura, au point qu'il m'est par moments difficile de la reconnaître. C'est comme si... comme si quelque chose l'influençait mais je n'ai pas pu en déterminer l'origine et pour avoir usé de légilimencie passive, et donc indétectable, je sais que son esprit est aussi protégé que la forteresse d'Azkaban.

Il fit une courte pause et décida de laisser de côté le jeune Leroy un moment pour dire à Léïlan une idée qui avait traversé son esprit depuis un moment déjà et dont il n'avait encore parlé à personne, car c'était avant toute une proposition pour l'adolescente.

- Léïlan, tu sais que je suis officiellement ton tuteur magique par ordonnance du Magenmagot et que j'ai donc ta garde jusqu'à ta majorité. Toutefois, j'ai pensé...

Morgana toute puissante, pourquoi est-ce que cela lui paraissait aussi difficile à dire ? Il était un Auror renommé pour son goût du sang et des batailles, un véritable Arès des temps modernes que rien ou presque n'effrayait...

Déglutissant avec difficulté, il reprit la parole avec un peu plus d'assurance mais sa voix toujours légèrement hésitante.


- Je voudrais savoir si cela te plairait que je... que je t'adopte. Tu n'aurais pas forcément à prendre mon nom si tu n'en as pas envie, et tu n'aurais pas non plus de devoirs ou quoi que ce soit à mon égard. C'est juste pour...

Pour qu'on puisse former une famille. Pourquoi par tous les mages de l'Antiquité n'arrivait-il pas à le dire à voix haute ? Lui qui n'avait jamais eu de difficulté à s'exprimer, le voilà qui hésitait comme un gamin sur le point de se faire gronder.

- Tu n'es pas obligée d'accepter si tu ne veux pas, et cela ne changera rien à nos relations si tu dis non, je ne veux pas que tu te sentes oppressée en quoi que ce soit...

Il lui fallut ce nouvel échec à exprimer ce qu'il ressentait pour finalement relever la tête et fixer la jeune fille dans les yeux avant de finalement dire ce qu'il avait sur le cœur.

- Je suis un homme solitaire, et l'expérience que j'ai acquise m'a davantage à survivre qu'à vivre pleinement. Contrairement à Ryan, je n'ai jamais aspiré à fonder une famille. Mon unique désir était de mourir avec gloire et honneur, après avoir emporté le plus de mangemorts possibles dans la tombe...

C'était le genre de choses qu'il n'avait dit qu'à son meilleur ami et encore, à de très rares occasions. Les deux frères d'armes avaient appris à se comprendre sans avoir besoin de mots mais aujourd'hui que Ryan s'était découvert une fille et peut-être une famille à reconstituer, il était peut-être temps pour lui d'amorcer un nouveau cap.

- Ces quelques mois passés avec toi... m'ont changé. Je ne me croyais pas capable d'être proche d'un autre être humain, de laisser quelqu'un pénétrer dans cette inextricable carapace qui me protège et m'enserre le cœur à la fois. Pourtant, toi, tu y es arrivée. Autant par tes qualités que par tous tes petits défauts qui me rappellent souvent les miens...

Il laissa échapper un petit rire, mais qui n'avait rien de moqueur. C'était un rire sincère par qu'il s'était réellement vu dans les yeux de la jeune femme. Il avait senti la tension le quitter peu à peu alors qu'il acceptait pleinement ce qu'il ressentait.

- Quand Dean se réveillera, et crois-moi que même si je dois moi-même aller lui botter le train chez Morphée, il se réveillera, il faudra quelqu'un pour conduire la belle mariée jusqu'à l'autel... et c'est un rôle que j'aimerais remplir, si tu me le permets.
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MessageSujet: Re: Ton visage danse sur les ombres quand les souvenirs sombres m'assassinent [PV Alan]   Lun 13 Sep - 22:08

Oui, je savais bien qu'il n'est pas vraiment acceptable selon la morale de souhaiter la mort des gens qui n'étaient pas d'accord avec nous, ou qui nous pourrissaient la vie. Cependant, depuis que j'étais ici, me souciais-je réellement ce de que pouvait penser les autres, à part Alan et Dean ? Lorsque j'étais à Durmstrang, il fallait que je fasse attention à mes moindres faits et gestes pour ne pas salir mon nom, mais qui se souciait d'une famille russe, même si très puissante ? Au moins, je faisais ce que je souhaitais, et j'étais libre comme la solitaire que j'avais toujours été. La cour d'amis plus ou moins hypocrites de l'école russe n'était plus qu'un lointain souvenir maintenant, même mes véritables amis n'étaient plus dans ce qui me servait de cœur.

- Elles ne méritent pas que tu te mettes en danger pour elles, Léïlan. Goldsmith a eu du mal à t'éviter Azkaban malgré ses talents d'orateur et surtout, son influence, alors sois sûre que si l'occasion est redonnée au Magenmagot, et plus particulièrement à ses membres mangemorts ou sympathisants, de te condamner, ils n'hésiteront pas.

Ouais, je sais bien. Tout comme je sais que la psy se fera un plaisir de faire un mauvais dossier sur la future mangemorte que je suis à ses yeux.

Je ne pus m'empêcher de soupirer d'un air las à la suite de mes propos. Bien sûr, je savais très bien que le moindre pas de travers m'amènerait certainement à Azkaban, sans que Jarod puisse y faire grand chose. Déjà, la première fois, il avait réussi de justesse à me sortir de cette situation pour me confier à Alan, chose que j'avais très mal prise au début. Je me rappelais m'être opposé à lui assez violemment au début, le fuyant systématiquement et nos discussions finissant en disputes permanentes. Si j'avais pu à l'époque, j'aurais même évité les cours de DFCM, c'est pour dire ! Malgré tout, son sens de la diplomatie nous avait permis de nous trouver enfin et de nous comprendre, pour ensuite nous apprécier vraiment au point que je le considère comme le seul adulte fiable de cette école, et ma "famille". S'il n'était que mon tuteur, je le respectais comme un mentor, comme la personne veillant le plus sur moi et garant d'un avenir peut-être pas si sombre et porté vers la magie noire qu'on aurait pu le penser.

Cependant, tout cela me faisait de nouveau penser à Dean et la blessure non encore cicatrisée saignait de nouveau à l'intérieur de moi-même. Même si j'avais encore du mal à me l'avouer, je me sentais vide sans sa présence à mes côtés, sans lui pour me rassurer et me faire vraiment sentir comme une femme. Bien sûr, du haut de mes 16 ans, cela pouvait paraître bien risible, surtout que cela ne me ressemblait pas du tout. Pourtant, je ne voyais absolument comment dire ce que je ressentais autrement, c'était un fait. La chaîne avec la bague qu'il m'avait donné alors que j'avais accepté sa demande de fiançailles pendait toujours à mon cou et je ne l'enlevais strictement jamais, même pour dormir. J'avais ainsi l'impression qu'il était un peu là en quelque sorte. De même, je lui rendais tous les jours visite après les cours jusqu'à assez tard le soir si je n'avais pas de devoirs à faire.


- S'il y a la moindre chance, il la saisira. S'il y a bien une chose que je sais de ce garçon, c'est qu'il est aussi têtu que son parrain... et qu'il a du répondant. Après tout, il a quand même demandé ta main en pleine forêt alors que tu venais tout juste de lui avouer tes sentiments, non ? Il faut que tu croies en lui, Léïlan.

Ouais, lui a du cran, cela est sûr... Reste à voir si j'en ai de mon côté.

Si j'avais souri à l'idée qu'il avait quand même réussi à oser me demander ma main si rapidement après que je lui avais annoncé que les sentiments qu'il entretenait à mon égard étaient réciproques, je n'avais pas pu m'empêcher de murmurer ces quelques mots du bout des lèvres. Oh, bien sûr, j'étais sûre qu'Alan avait tout entendu vu qu'il venait juste de m'embrasser sur le front, frêle tentative pour me réconforter. D'un sens, comment aurais-je pu avouer qu'en même temps qu'il me manquait, je me disais aussi qu'il fallait que j'en profite pour m'écarter du Serdaigle que j'aimais ? Pour moi, tous ces soucis étaient de ma faute, et si je partais, plus rien ne lui arriverait.

- Je sais qu'il cache sa véritable puissance, mais j'ai pourtant perçu d'étranges... fluctuations dans son aura, au point qu'il m'est par moments difficile de la reconnaître. C'est comme si... comme si quelque chose l'influençait mais je n'ai pas pu en déterminer l'origine et pour avoir usé de légilimencie passive, et donc indétectable, je sais que son esprit est aussi protégé que la forteresse d'Azkaban.

Je ne pouvais que hocher la tête pour acquiescer le fait que Thomas était quelqu'un de très changeant dans sa magie. J'aurais même pu annoncer à Alan que je supposais que c'était la magie du Serdaigle elle-même qui était comme une entité individuelle, mais il me demanderait inévitablement la raison de cette hypothèse, et je ne souhaitais pas lui avouer qu'il m'avait déjà manipulé et embrassé presque de force. Comment aurais-je pu en plus lui dire que j'avais apprécié ces moments, alors même que cette simple pensée me terrifiait ? Il fallait juste se méfier de lui, et ceci présentait déjà des difficultés vu sa capacité à créer des sortilèges pour se dissimuler. Si je m'écoutais, je dirais même qu'il ferait un assassin de l'ombre très doué...

Cependant, je mis tout cela de côté pour observer mon tuteur assis près de moi sur le lit que j'occupais. Il semblait si sérieux à cet instant que j'attendis patiemment qu'il reprenne enfin la parole, silencieuse jusqu'au bout et ne bougeant même pas.


- Léïlan, tu sais que je suis officiellement ton tuteur magique par ordonnance du Magenmagot et que j'ai donc ta garde jusqu'à ta majorité. Toutefois, j'ai pensé...

Tu penses qu'il ne faudrait mieux plus que tu sois mon tuteur ?

Un éclair de douleur traversa mon regard alors que cette conclusion peut-être hâtive me venait surtout de son hésitation. Il savait à quel point je tenais à lui, mais lui ne souhaitait peut-être pas s'encombrer d'une adolescente après tout. C'était un Auror reconnu, et il avait besoin d'être libre pour pouvoir autant tuer du Mangemort à tour de bras. Une attache, dans ce genre de situations, pourrait représenter une faiblesse exploitable pour se faire tuer plus facilement en souffrant. Quelques larmes perlèrent même au coin de mes yeux alors qu'il reprit soudain la parole, d'une voix toujours peu sûre, même si plus assurée que précédemment.

- Je voudrais savoir si cela te plairait que je... que je t'adopte. Tu n'aurais pas forcément à prendre mon nom si tu n'en as pas envie, et tu n'aurais pas non plus de devoirs ou quoi que ce soit à mon égard. C'est juste pour...

J'eus un hoquet de surprise, alors que je le regardais d'un air totalement incrédule. Je m'étais donc totalement trompée de direction, mais cela ne m'amenait pas encore plus loin dans le malheur, bien au contraire. Lui qui était si jeune adulte de 23 ans, je le savais pourtant assez réfléchi pour ne pas me proposer cela sans y voir longuement réfléchi tout seul. Souhaitait-il réellement s'encombrer de moi pour la vie ? Bien sûr, le fait qu'il y ait au final que 8 ans d'écart pourrait sembler étrange s'il m'adoptait, mais qu'importait à mes yeux ? Je trouvais juste que cela allait lui compliquer les procédures.

- Ces quelques mois passés avec toi... m'ont changé. Je ne me croyais pas capable d'être proche d'un autre être humain, de laisser quelqu'un pénétrer dans cette inextricable carapace qui me protège et m'enserre le cœur à la fois. Pourtant, toi, tu y es arrivée. Autant par tes qualités que par tous tes petits défauts qui me rappellent souvent les miens...

On ne pouvait décidément pas cacher le fait que j'avais des défauts, et pas des moindres ! Un léger sourire apparut sur mes lèvres en réponse à son rire alors que je savais bien qu'il avait totalement raison. Après tout, nous étions deux personnes affreusement têtues, ne cherchant pas forcément à se mêler aux autres et aussi franches l'un que l'autre. En ce qui concernait les qualités, il n'y avait pas plus besoin de commentaires.

- Quand Dean se réveillera, et crois-moi que même si je dois moi-même aller lui botter le train chez Morphée, il se réveillera, il faudra quelqu'un pour conduire la belle mariée jusqu'à l'autel... et c'est un rôle que j'aimerais remplir, si tu me le permets.

Il ne manquait plus que cela pour que je craque totalement : à l'idée du mariage, je rougis brusquement d'un air à la fois intimidé et gêné, tout en laissant les larmes qui menaçaient de couler depuis le début de sa tirade s'écouler librement sur mes joues. Je savais que ma réaction pouvait l'inquiéter, lui faire craindre un refus, mais c'était plus fort que moi. Cela me faisait une si belle nouvelle que je ne pouvais pas m'empêcher, et je n'arrivais même pas à parler au début, juste à hoqueter pitoyablement. Cependant, après quelques minutes passées à me calmer, je pus enfin réussir à articuler des mots audibles.

Bon sang Alan, hormis la demande de Dean, je crois qu'on ne m'a jamais fait d'aussi belle déclaration !

Un fou-rire me saisit aussi brusquement que lorsque je me rendis compte que mes paroles étaient tout de même assez bêtes. Cela ne devait pas beaucoup l'avancer sur ma réponse, même si cela avait dû le rassurer sur la façon dont je prenais cette nouvelle.

Comment je pourrais refuser ta proposition ? Tu es ma seule famille ! Pour le nom, cela ne me dérange pas de prendre le tien : moins on m'identifie à cette famille de Mangemorts, mieux je me porterais... Du moins, je pense. Et il ne faut pas que tu oublies le fait que je suis reconnue comme meurtrière donc je vais salit le nom de Parrish Alan.
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MessageSujet: Re: Ton visage danse sur les ombres quand les souvenirs sombres m'assassinent [PV Alan]   Mer 15 Sep - 11:06

Alan avait perdu une grande partie de sa confiance en lui en voyant sa protégée éclater en sanglots tandis que des larmes cristallines s’écoulaient le long de ses joues diaphanes. Le fait que la première chose qu’elle lui ait dite ressemble à s’y méprendre à un reproche ne faisait rien pour améliorer ce sentiment. C’est pourquoi le professeur de DCFM craignit véritablement un refus de la part de la jeune Valingaï.

Fort heureusement, Léïlan ne tarda pas à lui prouver que ses craintes n’étaient pas fondées.


Comment je pourrais refuser ta proposition ? Tu es ma seule famille ! Pour le nom, cela ne me dérange pas de prendre le tien : moins on m'identifie à cette famille de Mangemorts, mieux je me porterais... Du moins, je pense. Et il ne faut pas que tu oublies le fait que je suis reconnue comme meurtrière donc je vais salit le nom de Parrish Alan.

Face au fou rire de la Serdaigle, l’ex-Auror ne put s’empêcher d’éclater d’un léger rire à son tour, à la fois heureux et surtout soulagé de s’être mépris quant à la réaction de l’adolescente. Toutefois, il lui fallait préciser certains points ainsi que répondre aux interrogations qui la préoccupaient sensiblement.

-N’aie pas d’inquiétude quant à salir le nom « d’Alan Parrish » car dès mon entrée à l’académie, les premiers surnoms qui me furent donnés étaient « Alan l’orphelin » ou « Alan le bâtard ». Il m’a fallu un certain nombre de succès dans mes missions pour m’imposer comme autre chose qu’un sorcier de basse extraction, du point de vue des personnes se jugeant plus… « nobles ». Mais même après tout cela, à mon arrivée ici, je sais que j’étais considéré au mieux comme une brute épaisse et au pire comme un meurtrier assoiffé de sang.

Parrish n’arborait pas la moindre animosité tandis qu’il déclarait ce qu’il savait n’être que la pure vérité. Toutefois, il avait depuis longtemps appris à vivre avec et à ignorer ceux qui n’étaient pour lui que des gêneurs. Ryan avait veillé sur lui, et Alan s’était tenu à ses côtés dans ses nombreuses batailles en retour. Voilà tout ce dont il avait eu besoin cette dernière décennie.

-Quant au dossier psychiatrique, tu ne devrais pas tant t’inquiéter. Ryan fera tout ce qui est en son pouvoir pour te protéger, et le chef du Département de la CMI, Rosenberg, a également une dette envers moi puisque j’ai veillé à sa demande sur sa protégée, mlle Martin, durant sa dernière année de scolarité. Et puis, en cas de dernier recours…

Il fit une pause, un voile passant devant ses yeux alors qu’il sentait comme un torrent glacé se déverser à l’intérieur de lui. Le simple fait de visualiser cette personne, ni particulièrement grande ou imposante mais tout de même un objet d’incompréhension et d’injustice pendant toute son enfance lui était difficile.

Se raclant la gorgée pour reprendre contenance, il reprit d’une voix qui se voulait joviale mais où le ton trahissait son mépris.


-En cas de tout dernier recours, le Chef du Département des Mystères, qui s’avère également être le Président-Sorcier du Magenmagot, ne pourra pas me refuser cette faveur.

La simple idée de demander de l’aide à William Parrish, son géniteur mais aussi l’homme qui ne l’avait pas assez aimé pour l’élever après la disparition de sa défunte épouse, le révulsait profondément. Toutefois, pour assurer un avenir plus radieux à sa protégée, il était prêt à demander une faveur à cet homme qu’il haïssait avec passion.

Il ne tarda toutefois pas à chasser ces mauvaises pensées de son esprit et prit une profonde inspiration. Toutefois, il n’eut pas le temps de dire quoi que ce soit qu’un corbeau au majestueux plumage noir apparut à la fenêtre et vint voler à travers la pièce avant de se poser sur la table de nuit qui se trouvait auprès du lit de Léilan.

Il tenait dans ses serres ce qui ressemblait à une branche d’olivier, qu’il déposa entre les mains de l’adolescente. L’olivier était notoirement connu comme un symbole de paix mais c’était aussi l’arbre caractéristique d’Athéna, déesse grecque de la guerre et de la sagesse.

L’oiseau vint ensuite se poser sur l’épaule de son maître avant de laisser échapper un doux coassement, qui fit sourire Alan.


-Il semblerait que Tulkas te souhaite lui aussi bienvenue dans la famille.
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Léïlan Valingaï

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MessageSujet: Re: Ton visage danse sur les ombres quand les souvenirs sombres m'assassinent [PV Alan]   Mer 15 Sep - 22:08

J'étais assez content qu'il rit, je le supposais ainsi soulagé que j'ai pris la décision d'accepter sa proposition. Si j'avais refusé, j'ignorais quelle aurait été sa réaction : aurait-il insisté ? Aurait-il changé de discussion pour éviter que je vois sa déception. Oui, sans être legimens, je supposais qu'il aurait eu mal si j'avais décliné sa proposition et préféré rester seule. J'aurais bien sûr pu sans trop de difficultés, là n'était pas le problème. Non, le plus dur aurait été d'accepter que j'avais fait du mal à Alan, celui qui me tenait lieu de famille maintenant, et le tout presque volontairement : cela aurait été comme de lui planter un couteau dans le dos, traîtreusement. Il avait bien trop pris soin de moi, m'avait bien trop soutenu dans les moments difficiles pour que je lui fasse un coup pareil.

-N’aie pas d’inquiétude quant à salir le nom « d’Alan Parrish » car dès mon entrée à l’académie, les premiers surnoms qui me furent donnés étaient « Alan l’orphelin » ou « Alan le bâtard ». Il m’a fallu un certain nombre de succès dans mes missions pour m’imposer comme autre chose qu’un sorcier de basse extraction, du point de vue des personnes se jugeant plus… « nobles ». Mais même après tout cela, à mon arrivée ici, je sais que j’étais considéré au mieux comme une brute épaisse et au pire comme un meurtrier assoiffé de sang.

]Ce sont tous des imbéciles après tout, il ne faut pas en attendre plus d'eux.

Si ma voix était, comme on pouvait s'y attendre, plein de mépris envers les personnes jugeant les gens sur leurs actes uniquement, c'était surtout mon regard qui pouvait en choquer plus d'un. Il était rempli de cette flamme de colère, cette flamme presque meurtrière qui avait fait ma réputation de fille criminelle et dangereuse à Poudlard. Si une seule personne avait prononcé le moindre reproche, la moindre insulte envers Alan, qu'elle soit élève ou professeure, il n'y a nul doute que j'en aurais fait mon affaire. C'était mon problème : dès que je m'attachais à quelqu'un fortement, je considérais les critiques à son égard comme les miennes, ni plus ni moins. Peut-être que cela ne gênait plus Alan avec l'habitude, mais c'était bien des choses que je ne supportais pas.

Même si tu ne dois pas penser cela, dès ton arrivée, je t'appréciais quand même en tant que professeur. Et je ne voyais pas en toi une brute épaisse ou un meurtrier assoiffé de sang, au contraire.

Même si la colère était toujours audible dans ma voix, la sincérité qui en émanait montrait bien que celle-ci était toujours dirigée vers les autres, et que je pensais vraiment qu'il avait toujours été un homme bien, même en tant que professeur et même si nos débuts avaient été difficiles. En fait, tout cela s'était mal passé parce que j'étais perdue, entre le reniement de ma famille qui, je le pensais, serait annulé et le fait d'avoir évite de justesse Azkaban grâce à un inconnu. J'avais été partagé entre ma méfiance habituelle, qui me faisait imaginer que je devrais payer ça un jour d'un quelconque manière à ce Jarod, et la reconnaissance que j'éprouvais pour moi. Maintenant, cette dernière émotion avait pris le pas, bien heureusement.

-Quant au dossier psychiatrique, tu ne devrais pas tant t’inquiéter. Ryan fera tout ce qui est en son pouvoir pour te protéger, et le chef du Département de la CMI, Rosenberg, a également une dette envers moi puisque j’ai veillé à sa demande sur sa protégée, mlle Martin, durant sa dernière année de scolarité. Et puis, en cas de dernier recours…

La seule chose qu'ils pourraient faire nécessite de braver les lois pour effacer celui-ci ou la falsifier... Je ne souhaite pas qu'ils le fassent, même s'ils te doivent quelque chose.

Je ne pus cependant m'empêcher de soupirer à cette idée. Oui, j'aurais préféré que ce genre d'actes soit accessible, pour pouvoir effacer toutes ces fichues séances que je haïssais tant. J'en avais certes peur, mais je détestais surtout savoir que la psychologue connaissait tant de choses sur moi. J'aurais tellement voulu ne plus voir cette femme, ne serait-ce qu'un temps, pouvoir arrêter d'en être malade quelques jours avant et après ses séances !

-En cas de tout dernier recours, le Chef du Département des Mystères, qui s’avère également être le Président-Sorcier du Magenmagot, ne pourra pas me refuser cette faveur.

Tu as des relations haut placées dis donc ! Tu as l'air particulièrement connu au ministère, non ?

Je doutais malgré tout que ma plaisanterie fonctionne, vu que l'ambiance était devenue plus froide dans la pièce, venant certainement du mépris glacial dans la voix d'Alan. S'il avait tenté de dissimuler ceci sous une fausse jovialité, cela avait échoué. Pour que mon tuteur considère ainsi cet homme, il devait être assez horrible ou contraire à la morale d'Alan, non ? Si j'avais su la vérité, j'avais pu comprendre je pense, mais ce n'était pas le cas, et je me contentais de lui jeter un regard d'incompréhension.

Mon attention se détourna cependant lorsqu'un corbeau fit son apparition dans la pièce, une branche dans le bec. Si j'avais reconnu Tulkas, l'oiseau d'Alan, je ne cherchais cependant pas à l'approcher, vu que celui-ci m'ignorait généralement. Ce fut donc avec surprise que j'accueillis le don de cette fameuse branche, lui qui s'était posé sur ma table de chevet en manquant renverser le petit flacon de potion de sommeil. La prenant dans ma main et en l'observant, je reconnus après quelques instants qu'elle venait probablement d'un olivier. Levant les yeux vers Alan ou plutôt vers son épaule où le corbeau était perché maintenant, j'allais prendre la parole lorsqu'il le fit avant moi.


-Il semblerait que Tulkas te souhaite lui aussi bienvenue dans la famille.

Oh !

J'étais vraiment surprise qu'un oiseau comme lui puisse avoir compris cela : était-il magique finalement ? Je le regardais d'un autre œil maintenant, un peu plus amical et avec un léger sourire. Oui, j'avais compris ce que signifiait l'olivier, cette sagesse et cette paix. Amusée malgré moi, je ris enfin doucement avant de répondre.

Merci de ton offrande Tulkas, vraiment. Et merci de m'accueillir aussi agréablement chez les Parrish !

Cependant, un nouveau bruissement d'ailes se fit entendre, amenant cette fois un hibou grand duc noir, que je reconnus instantanément. Aussitôt, je me tendis et fronçais les sourcils tout en me dirigeant vers Delling qui me tendit aussitôt sa patte pour que je défasse la lettre. J'eus d'ailleurs à peine le temps de l'enlever qu'il partit aussitôt, me donnant involontairement un coup de serre au passage. Ne m'y intéressant même pas et me contentant de faire apparaître un mouchoir pour éviter de tâcher la missive, je l'ouvris ensuite délicatement, oubliant presque la présence d'Alan. De toute façon, le tout était écrit en alphabet cyrillique, comme je m'en doutais, et il ne devait pas savoir le déchiffrer. Me dirigeant de nouveau vers mon lit tout en lisant le tout, je devins de plus en plus pâle, pour finir par brûler le papier de colère mal maîtrisée.

Какой ублюдки! *

Il était rare que je jure, extrêmement rare, et on pouvait donc se donner que cette lettre m'avait mis dans une colère glaciale et renforcer ma haine. Me tournant enfin vers Alan dans un geste d'excuse pour ma vulgarité, je lui expliquais enfin.

Ils ne me donnent aucune nouvelle depuis le problème, me renient et maintenant, osent me proposer de revenir chez eux en paix ! Qu'ils aillent au Helheim !

* Quels enfoirés !
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Alan Parrish

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MessageSujet: Re: Ton visage danse sur les ombres quand les souvenirs sombres m'assassinent [PV Alan]   Ven 17 Sep - 21:41

Léïlan jurait très rarement en russe et lorsqu'elle le faisait, cela ne présageait en général rien de bon. C'est pourquoi Alan ne fut que très peu surpris lorsqu'elle lui expliqua que sa famille biologique, les Valingaï, souhaitaient la reprendre parmi eux. Le professeur de Défense Contre les Forces du Mal était conscient qu'il n'aurait pas dû se réjouir de la colère que sa protégée ressentait à l'égard de ses anciens parents mais il était malgré tout soulagé de voir qu'elle ne souhaitait pas repartir chez eux.

Se plaçant à ses côtés, il posa une main réconfortante sur son épaule avant d'écarter les cendres fumantes qui étaient restées dans ses mains, seuls vestiges de la lettre consumée. Elle lui en expliquerait le contenu détaillé ultérieurement mais à cet instant, elle avait besoin de se calmer et de garder sa magie et son tempérament sous contrôle.


- Je sais que tu es outragée par leur comportement mais tu ne devrais pas en être surprise. Fort heureusement, ils n'ont aucun recours légal pour réclamer ta garde et c'est probablement la raison pour laquelle ils ont décidé de tenter l'approche... "réconciliatrice".

Alan avait connu un Valingaï autrefois, Petrov Valingaï. C'était un Mangemort responsable parmi d'autres des meurtres des grands-parents et de la petite sœur de Ryan, sans parler des autres tortures et atrocités commises sur eux. Bien sûr, Petrov avait reçu son juste châtiment, et de manière si bien faite que ses restes n'avaient jamais été retrouvés... mais cela n'empêchait pas le jeune Parrish de se souvenir du caractère orgueilleux et rusé du mangemort.

Il se décida néanmoins à changer de sujet, autant pour le bien de l'adolescente que pour réduire le nombre de secret qu'il gardait à son égard.


- Assieds-toi un instant, s'il te plaît. Je voudrais profiter de ce moment pour te raconter certaines choses à mon sujet.

Ayant capté l'attention de sa protégée, il s'assit à ses côtés sur le lit et prit une profonde inspiration avant de prendre la parole.

- Tu sais déjà que je suis ami avec Ryan... une amitié qui a pris naissance durant notre scolarité à Beaubâtons qui n'a fait que se renforcer depuis. Il était là-bas et même après mon meilleur ami, mon seul ami d'ailleurs.

Il fit une pause, cherchant la meilleure manière de formuler un passé auquel il lui était difficile ne serait-ce que de se remémorer tant il lui était douloureux.

- Je suis le fils unique issu du mariage de William Parrish et de sa femme Clarice, une Auror française. Cette dernière est morte deux ans après ma naissance... dans une attaque de mangemorts.

Il serra ses poings, manquant de se mordre la langue en dévoilant ce qui venait ensuite.

- Effondré par la mort de son épouse, William m'a confié à mes grands-parents maternels, raison pour laquelle j'ai grandi en France, et s'est consacré à corps perdu dans son travail... ce qui semble lui avoir réussi puisqu'il est désormais Chef du Département des Mystères.

Il lut alors la surprise puis la réalisation dans le regard de Léïlan. Et oui, il était le fils de William Parrish. Ce n'était pas véritablement un secret mais puisqu'ils ne s'étaient quasiment jamais parlés, ni n'avaient jamais rien partagé, les deux hommes n'avaient jamais été vraiment père et fils.

- Mes grands-parents n'ayant pas vécu très longtemps, c'est surtout Ryan qui a pris soin de moi, un peu comme le grand frère que je n'ai jamais eu. C'est lui qui m'a appris à me défendre, aussi bien contre mes adversaires que contre la honte que j'éprouvais. C'est... c'est pour ça que je voudrais te faire comprendre que la famille ne se résume pas aux liens du sang.

Il esquissa une ébauche de sourire tout en passant une main dans ses cheveux noirs, dans un geste d'affection.

- Et crois-moi si je te dis que si tu veux rester avec moi, peu importe qui ils enverront pour te chercher, soit ils repartiront gentiment, soit ils le feront les pieds devant. Je ferai tout mon possible pour que tu sois heureuse, Léïlan.
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Léïlan Valingaï

SERDAIGLE




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MessageSujet: Re: Ton visage danse sur les ombres quand les souvenirs sombres m'assassinent [PV Alan]   Sam 18 Sep - 17:07

Ma colère m'étouffait, comme toujours lorsqu'il s'agissait de mon ancienne famille. Je l'avais aimé pendant longtemps, j'y avais tenu bien plus que je ne l'aurais fait avec d'autres personnes, l'ayant protégé et m'étant battu pour elle pendant un long moment. Depuis qu'elle m'avait intégralement renié, j'avais eu tout mon temps pour réfléchir, bien malgré moi qui aurais juste préféré oublier le passé et vivre seule et sans famille. Chaque chose que j'avais compris m'avait fait mal pendant quelques jours, avant que la douleur ne cesse et que je l'accepte de force. En premier lieu, j'avais compris que, même si Alex restait aussi désinvolte et malgré les propos parentaux, je ne serais jamais devenue l'héritière de la famille. Mon grand frère était bien plus facile à manipuler que moi après tout : la seule chose à faire était de lui dire qu'il fallait le faire pour protéger la famille. Ensuite, il m'avait fallu accepter le fait que ma famille, même si elle disait être neutre, était en fait pro-mangemorte. Elle n'était pas mangemorte, attention : elle ne préférait pas introduire le groupe rien que pour pouvoir retourner sa veste à n'importe quel moment et profiter de la situation. Enfin, la conclusion de tout cela était que j'avais fait partie d'une famille profiteuse, qui ne cherchait qu'à avoir plus de pouvoir sur les autres...

- Je sais que tu es outragée par leur comportement mais tu ne devrais pas en être surprise. Fort heureusement, ils n'ont aucun recours légal pour réclamer ta garde et c'est probablement la raison pour laquelle ils ont décidé de tenter l'approche... "réconciliatrice".

Pas de danger que je me réconcilie avec eux, comment ont-ils pu penser une chose pareille ?

J'étais outragée qu'ils puissent me considérer ainsi : ne me connaissaient-ils pas suffisamment ? J'avais été leur fille après tout... J'étais amère de voir qu'ils pensaient réellement m'avoir ainsi, en jouant sur la corde sensible de la famille réunie. Avant, bien sûr, si la famille avait dû être séparée pour une quelconque raison, je serais revenue. Cependant, la situation était bien trop grave, basée sur des préjugés que je ne pouvais pas refaire cela. Bien sûr, la famille était importante pour moi, mais plus celle des Valingaï : je n'en faisais plus partie maintenant après tout. Même s'ils indiquaient le contraire, je savais très bien qu'annuler un reniement était juste impossible, que c'était un acte définitif. J'avais assez cherché au début pour le savoir...

Tout ça parce qu'ils me voient grandir et qu'ils ont dû savoir que j'avais eu d'excellents résultats à mes BUSES...

- Assieds-toi un instant, s'il te plaît. Je voudrais profiter de ce moment pour te raconter certaines choses à mon sujet.

Certaines choses à son sujet ? Il était réellement étrange qu'il décide de le faire juste après la lettre de ma famille... Aurait-il déjà parlé à des Valingaï sans que je le sache ? J'étais légèrement suspicieuse, même si je doutais que cela soit de mauvaises nouvelles à n'annoncer. Je le voyais très mal aller parlementer avec mon ancienne famille pour qu'il me reprenne par exemple...

- Tu sais déjà que je suis ami avec Ryan... une amitié qui a pris naissance durant notre scolarité à Beaubâtons qui n'a fait que se renforcer depuis. Il était là-bas et même après mon meilleur ami, mon seul ami d'ailleurs.

Je savais tout cela en effet. En réalité, ce n'était pas forcément Alan qui m'en avait parlé le premier mais Dean. Après tout, Ryan était son parrain, ils connaissaient donc suffisamment les relations entre les deux hommes pour pouvoir m'en parler. Je savais qu'ils étaient devenus compagnons d'armes après avoir été les meilleurs amis possibles à Beauxbâtons, et qu'ils avaient tué un bon nombre de mangemorts à eux deux. Cela ne me surprenait pas, même si je ne connaissais pas tant que cela Ryan : voir le niveau d'Alan me suffisait largement pour en juger.

- Je suis le fils unique issu du mariage de William Parrish et de sa femme Clarice, une Auror française. Cette dernière est morte deux ans après ma naissance... dans une attaque de mangemorts.

J'ignorais ceci par contre. Je savais bien sûr qu'il était français et habitait toujours là-bas avant de venir à Poudlard, mais il parlait tellement peu souvent de ses parents que j'ignorais ce genre de détails. Pourtant, je servais pertinemment que je ne pouvais le plaindre ou prétendre le comprendre : nos deux cas étaient bien différents après tout. J'avais une mère, même si nous ne nous parlions pas énormément et que je ne souhaitais absolument pas finir comme elle, mère au foyer, servant juste à s'occuper de la maison et des enfants.

- Effondré par la mort de son épouse, William m'a confié à mes grands-parents maternels, raison pour laquelle j'ai grandi en France, et s'est consacré à corps perdu dans son travail... ce qui semble lui avoir réussi puisqu'il est désormais Chef du Département des Mystères.

Département des Mystères, William Parrish... C'est à lui que pensait Alan lorsqu'il avait évoqué ce Chef qui ne pourrait lui refuser une faveur ? Je comprenais mieux pourquoi maintenant, et regrettais ma plaisanterie qui avait suivi ces propos. Finalement, il ne devait pas cette dette au fait qu'il puisse être connu, juste par les liens du sang... Je n'osais cependant parler en voyant qu'Alan avait les poings serrés, certainement de colère, et son regard était bien sombre... Je craignais de provoquer chez lui une mauvaise réaction en osant prononcer le moindre mot, surtout que ces aveux ne devaient pas être évidents pour lui. Cependant, je doutais avoir pu lui cacher mon étonnement et ma légère compassion.

- Mes grands-parents n'ayant pas vécu très longtemps, c'est surtout Ryan qui a pris soin de moi, un peu comme le grand frère que je n'ai jamais eu. C'est lui qui m'a appris à me défendre, aussi bien contre mes adversaires que contre la honte que j'éprouvais. C'est... c'est pour ça que je voudrais te faire comprendre que la famille ne se résume pas aux liens du sang.

Toi et Dean me l'ont bien fait comprendre en effet... Et je ne regrette pas d'avoir accepté de l'appliquer dans ma propre vie.

Je ne pus m'empêcher de sourire, ce qui diminua un peu la tension de la pièce, surtout qu'Alan fit de même. Si lui avait eu Ryan pour lui apprendre tout ce qu'il devait savoir, il avait en quelque sorte continué la chaîne en me prenant sous son aile. Qui sait, un jour, je ferais peut-être pareil ? Il fallait cependant avouer que je ne me voyais absolument pas enseigner à quelqu'un ce que je savais, comme un maître le ferait à son disciple. Ne pouvant m'empêcher de recoiffer mes cheveux noirs légèrement ébouriffés par la main d'Alan dans un geste typiquement féminin, je continuais cependant à l'écouter.

- Et crois-moi si je te dis que si tu veux rester avec moi, peu importe qui ils enverront pour te chercher, soit ils repartiront gentiment, soit ils le feront les pieds devant. Je ferai tout mon possible pour que tu sois heureuse, Léïlan.

Je ne suis pas vraiment sûre d'accepter que tu tues pour mon propre bonheur Alan. Ils sont assez puissants pour te provoquer des ennuis si tel était le cas.

Même si je connaissais l'extrême puissance d'Alan, je murmurais tout de même ces propos, quand même inquiète à l'idée qu'il puisse avoir des soucis à cause de moi. Si on venait me chercher, je me jurais de me protéger moi-même, quoi que je puisse avoir à faire. Après tout, j'avais un dossier déjà à mon nom au Ministère, je n'étais plus vraiment à cela près. Au contraire, s'il faisait ça, il risquait d'être renvoyé des Aurors ou de Poudlard, pour ne pas "causer de problèmes".

Chacun son tour de raconter un peu son passé non ? Je vais donc le faire, même si tu sais peut-être déjà cela.

Ne pouvant m'empêcher de soupirer à l'idée d'évoquer ma famille, je me repris cependant : si je montrais trop que cela me gênait quelque peu, je savais qu'il serait capable de m'en dissuader et je ne le souhaitais pas. Même s'il ne l'avait pas fait pour cela, je savais que j'aurais l'impression de ne pas avoir rempli ma part du marché.

Comme tu le sais, je suis née en Russie, d'un père travaillant comme chef du département correspondant ici à la Coopération Magique Internationale et d'une mère maîtresse de la demeure de la famille. J'avais un grand frère, Alex, un petit frère, Hayden, qui a été réparti chez les Gryffondors et un petite sœur qui ne vaut pas d'être évoquée ici.

Ne pouvant m'empêcher de serrer les dents à l'idée de cette Poufsouffle de deuxième année, je pris cependant sur moi pour continuer, ma voix cependant sensiblement plus neutre qu'auparavant.

Je m'étais toujours extrêmement bien entendue avec ma famille. Alex me protégeait, et je protégeais Hayden du mieux que je le pouvais. Mon père a toujours dit que j'aurais dû être la première enfant de la famille, et que l'héritage familial m'aurait mieux été qu'Alex, vu son manque de sérieux. Cependant, il n'y avait aucune rivalité entre nous deux : je préférais agir dans l'ombre pour notre réputation, sans aucun devoir précis à respecter. En fait, à part faire respecter mon nom, je n'avais rien à faire, j'avais tout ce que je souhaitais, j'avais même une petite cour d'admirateurs souhaitant accéder à mon amitié pour être renommé et conseillé par ma famille. La bonne vieille noblesse quoi...

J'avais souri de manière si ironique et glaciale qu'il n'y avait nul doute à avoir : j'avais toujours haï ce système de hiérarchie entre les familles, la plupart des personnes de la haute société souhaitant toujours respecter un certain protocole et des manières totalement inutiles et hypocrites.

J'ignorais pas mal de choses en fait, je ne l'ai compris qu'en n'étant plus de la famille : ils voulaient de la renommée, et ne respectaient ce manège que pour être bien vus des mangemorts qu'ils admiraient, sans les rejoindre à cause de leur lâcheté.

Oui, ils étaient lâches, et j'avais encore du mal à comprendre comment Alex et Hayden avaient réussi à être accepté chez les Gryffondor. Pour tout dire, les connaissant parfaitement, je les aurais plutôt vus à Poufsouffle, même si nos parents n'auraient pas été ravis.

Beaucoup de choses ont changé depuis que je ne suis plus une vraie Valingaï tu sais. Alex m'ignore totalement et détourne le regard quand je suis dans le même couloir que lui. Hayden vient parfois me parler, mais toujours en cachette, soi-disant pour que les parents ne le sachent pas...

Je me doutais que ce n'était pas la vérité, même si je ne prononçais pas franchement mon avis : mon ton goguenard y suffisait bien. Je le soupçonnais plutôt de vouloir cacher le fait qu'il s'entendait bien avec moi, puor ne pas être rejeté par les Gryffondors qui me considéraient souvent au même point qu'une Serpentarde.

Quant à Eléa, ma soi-disant petite sœur... C'est encore pire qu'avant. Elle n'a pas le droit d'être encore de la famille Alan, elle n'a pas un seul des comportements dignes de mon ancienne famille ! Elle est lâche, peureuse, victime, et n'est pas douée avec sa baguette ! Elle n'a pas le droit d'être à ma place !

Je ne m'étais même pas rendu compte que je parlais de plus en plus fort, d'une voix si enragée qu'on sentait toute cette haine que je ressentais pour cette frêle créature. Ce fut un bruit de verre brisé qui me fit reprendre conscience que je n'étais pas seule et je soupirai, gênée d'avoir cassé le verre que je gardais toujours à côté de mon lit, pour les cas de réveils brutaux. Dans ces cas-là, en effet, je buvais souvent pas mal d'eau, pour me rafraîchir les idées. Usant d'un rapide Reparo pour éliminer les dégâts, je repris la parole, cette fois d'un ton plus calme, presque sans émotions.

Oui, je la hais Alan, même si je ne devrais pas. Je devras juste l'ignorer, mais je n'y arrive pas, c'est plus fort que moi.
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Alan Parrish

POUDLARD




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MessageSujet: Re: Ton visage danse sur les ombres quand les souvenirs sombres m'assassinent [PV Alan]   Dim 26 Sep - 13:02

Oui, je la hais Alan, même si je ne devrais pas. Je devras juste l'ignorer, mais je n'y arrive pas, c'est plus fort que moi.

Alan avait écouté sa protégée lui raconter son histoire avec la plus grande attention. En effet, l'enseignant avait parfaitement conscience que c'était aussi difficile pour elle que pour lui de se confier concernant son passé, qui n'était pas des plus heureux.

S'il connaissait bien sûr certains éléments, il avait préféré ne pas s'enquérir des plus privés d'entre eux, contrairement à Jarod. Ce dernier avait des compétences particulières pour réunir des informations, même jugées parmi les mieux gardées... mais parfois, certaines choses avaient besoin d'être dites, et non pas découvertes par des moyens détournés.

Attirant la jeune fille contre lui, il lui frotta doucement le dos avant de prendre la parole à son tour, d'un ton apaisant.


- Merci de t'être confiée à moi, Léïlan. Je sais à quel point c'est difficile de laisser le passé remonter à la surface...

Puis il fit une pause, s'humectant les lèvres avant de prendre la parole, décidé à lui donner son opinion concernant l'étrange revirement des Valingaï... aussi difficile que ce soit pour lui de lui annoncer.

- Tu as l'impression qu'ils l'ont préférée à toi, et que c'est injuste parce que tu la surpasses dans virtuellement tous les domaines. C'est normal de ressentir de la jalousie, mais je te mentirais si je te disais que ce n'était pas le but de ton ancienne famille.

Voyant le regard interrogateur que la jeune femme posait sur lui, l'ex-Auror laissa échapper un léger soupir de résignation avant de reprendre d'un ton explicatif.

- Certaines vieilles familles considèrent que, lorsqu'ils possèdent plusieurs héritiers possibles, il est... préférable de les monter les uns contre les autres, en les soumettant à différentes épreuves pour juger au final lequel sera le plus à même de leur succéder à la tête de la famille. Ce genre de méthode est plutôt archaïque, et plutôt mal vu en Grande-Bretagne car plusieurs familles se sont ainsi éteintes par le passé dans des luttes intestines mais... tu comprends l'idée.

Posant sur Léïlan un regard attentionné, il poursuivit d'une voix calme mais emplie de fierté.

- Ils ont également tout fait pour couper les liens qui te liaient à tes frères et sœurs, afin de s'assurer que tu n'aurais aucun soutien de leur part, mais aussi que tu en viendrais à les jalouser et à les haïr... et puis, ils se sont rendus compte que même sans leur aide et leur soutien, tu as survécu et plus encore, tu t'es endurcie. Je ne pense pas qu'ils s'y attendaient mais quoi qu'ils en soient, ils te voient probablement désormais comme l'héritière idéale.

Un voile passa devant les yeux du jeune professeur, qui se souvenait sans peine de sa rencontre avec Petrov mais aussi des rapports qu'il avait lu concernant les autres Valingaï. C'était apparemment une famille bien cruelle, n'hésitant pas à jeter ses propres descendants aux lions pour les voir s'affirmer.... ou périr en essayant.

- Concernant le fait de m'attirer des ennuis, pour te parler franchement, ce ne serait pas ma première altercation avec un Valingaï... même si c'est un sujet dont je préférerais ne pas parler. Tout cela pour te dire que, s'ils cherchent à t'approcher, ils encourront un sort terrible et pas la moindre preuve pour remonter jusqu'à nous.

Et là encore, le regard de Petrov Valingaï lui revint en mémoire tandis qu'il se vantait des atrocités qu'il avait commises sur la famille de Ryan, et qui s'était rempli progressivement d'effroi et de terreur tandis que l'unique héritier des Turner mettait à exécution une sentence des plus impitoyables à mon égard.

- Jarod n'aura pas particulièrement d'état d'âme à déployer nos forces contre eux au besoin, Léïlan. S'attaquer à l'un d'entre nous revient à encourir la colère de tous, et sache que même si tu choisis de ne pas intégrer les rebelles, tu seras toujours sous leur protection, comme il te l'a promis.

Parrish n'avait pas compris l'intérêt que portait le Leader des Rebelles lorsque ce dernier avait d'une manière assez cavalière choisi de la défendre à son procès, remportant une victoire sur le fil face à la détermination de nombreux membres du Magenmagot désireux d'envoyer la jeune Valingaï à Azkaban...

... mais après avoir appris à la connaître, Alan avait lui aussi vu la pierre précieuse sous la couche de glace. Bien qu'elle ait subi beaucoup d'épreuves, Léïlan n'avait pas perdu son humanité pour autant. Elle s'était simplement adaptée, pour survivre.


- Quelle que soit la décision que tu prendras à leur égard, de continuer à les voir ou non, je veux que tu saches que je te soutiendrai et surtout, que rien ne pourra nous séparer. Lorsque je donne ma parole, je ne reviens jamais dessus.

Et il scella ses paroles par le baiser qu'il déposa délicatement sur son front. L'adolescente avait décidé de faire partie de sa famille, et jusqu'à ce que le jeune Parrish périsse, il ferait son possible pour l'aider et la protéger... Oui, il ferait ce que William n'avait jamais été en mesure de faire avec son propre fils, au péril de sa carrière ou de sa vie.

Parce que telle était la voie qu'il avait choisie.
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Léïlan Valingaï

SERDAIGLE




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MessageSujet: Re: Ton visage danse sur les ombres quand les souvenirs sombres m'assassinent [PV Alan]   Dim 26 Sep - 21:08

Même si je le cachais profondément en-dessous d'une couche de glace assez importante, j'aimais bien être rassurée sur mes peurs. Dans ces moments-là, je me faisais l'impression d'être une petite fille, mais je n'arrivais à me défaire de mes craintes seule. Même si tous croyaient que la froideur et mon attitude visiblement hautaine étaient synonymes d'une grande confiance en moi, cela n'était en fait pas du tout le cas. En fait, je cachais la plus petite faiblesse dans cette armure afin qu'on ne puisse pas en deviner la moindre parcelle. De quoi aurais-je l'air si je me montrais faible ? Je ressemblerais à Eléa et ça, je ne le souhaitais absolument pas.

Ce fut certainement pour cela que je laissais Alan faire lorsqu'il m'attira contre lui et me caressa doucement le dos pour évacuer toute ma frustration. Soupirant légèrement, un peu gênée, mais me détendant face à ces gestes doux et tendres, je fermai les yeux.


- Merci de t'être confiée à moi, Léïlan. Je sais à quel point c'est difficile de laisser le passé remonter à la surface...

Je vis encore trop souvent dans le regret de ce passé... Au moins, je n'avais qu'à tout faire pour ne pas salir mon nom...

Même si cela pouvait sembler surprenant, il est vrai que ces moments-là étaient bien plus faciles à gérer pour moi par rapport au présent. Après tout, maintenant, il fallait que je me méfie de tout le monde, que je défasse patiemment les rumeurs ou que je les ignore, que je maitrise ma colère et mon envie de meurtres omniprésentes, que je ne montre rien aux autres... Bref, tellement de choses étaient à faire que j'en perdais le compte. Bien sûr, lorsque je repensais à ma famille, je préférais ma "famille" actuelle, cela va sans dire.

- Tu as l'impression qu'ils l'ont préférée à toi, et que c'est injuste parce que tu la surpasses dans virtuellement tous les domaines. C'est normal de ressentir de la jalousie, mais je te mentirais si je te disais que ce n'était pas le but de ton ancienne famille.

Leur but dans la haine entre moi et Eléa ? Même si je le regardais dans un air surpris, je m'en doutais en quelque sorte, surtout dans l'esprit de mon père. Il avait toujours détesté cette gamine, la jugeant indigne de la famille. Ainsi, comme j'étais sa fille préférée, le fait que je haïsse la Poufsouffle avait dû aider à ma reconnaissance, à la base.

- Certaines vieilles familles considèrent que, lorsqu'ils possèdent plusieurs héritiers possibles, il est... préférable de les monter les uns contre les autres, en les soumettant à différentes épreuves pour juger au final lequel sera le plus à même de leur succéder à la tête de la famille. Ce genre de méthode est plutôt archaïque, et plutôt mal vu en Grande-Bretagne car plusieurs familles se sont ainsi éteintes par le passé dans des luttes intestines mais... tu comprends l'idée.

En gros, tout ce que j'ai subi était prévu.

Dans la tête, depuis mon reniement, j'avais envisagé de très nombreuses hypothèses qui m'avaient toutes semblé plus farfelues les unes que les autres, qui me semblaient bien plus issues d'un esprit paranoïaque que rationnel. Le problème, maintenant, était de me dire que finalement, ce que je considérais comme des divagations de ma part était la vérité totale, vu qu'Alan venait de me le confirmer. Je n'appréciais guère le rôle que cela me donnait, cela va sans dire : pourtant, il fallait maintenant que j'accepte le fait de n'avoir été qu'une dupe, et cela était le plus dur...

- Ils ont également tout fait pour couper les liens qui te liaient à tes frères et sœurs, afin de s'assurer que tu n'aurais aucun soutien de leur part, mais aussi que tu en viendrais à les jalouser et à les haïr... et puis, ils se sont rendus compte que même sans leur aide et leur soutien, tu as survécu et plus encore, tu t'es endurcie. Je ne pense pas qu'ils s'y attendaient mais quoi qu'ils en soient, ils te voient probablement désormais comme l'héritière idéale.

Tu parles d'une consolation ! J'ai perdu beaucoup dans cette lutte, mais si j'ai récupéré d'autres choses maintenant, comme des personnes qui m'apprécient réellement.

Bon sang, j'aurais préféré ne pas lui montrer à quel point tout cela me rendait amer ! J'aurais voulu qu'il croit que je considérais tout cela comme du passé révolu, mais je ne le pouvais pas. Parfois, je m'imaginais ma vie si je n'avais pas vécu tout ceci, et je m'imaginais aux soirées huppées, et cela me faisait apprécier cette vie plus simple. D'un autre côté, je me rappelais aussi des moments de joie et de complicité avec mes frères et j'enrageais à propos des Valingaï. Je savais qu'Alan devait être heureux de me voir à peu normale maintenant, par rapport à mon état initial, cela se sentait à la fierté dans sa voix. Pourtant... Y avait-il de quoi être fier ? Je n'étais après tout restée qu'une jeune fille ayant juste subi son quota de mauvaises épreuves et ayant réussi à vivre après cela... Cependant, je doutais avoir pu réussir à m'arracher moi-même cette vie, rien que par égard pour Dean ou Alan.

- Concernant le fait de m'attirer des ennuis, pour te parler franchement, ce ne serait pas ma première altercation avec un Valingaï... même si c'est un sujet dont je préférerais ne pas parler. Tout cela pour te dire que, s'ils cherchent à t'approcher, ils encourront un sort terrible et pas la moindre preuve pour remonter jusqu'à nous.

Je sais comment tu agis Alan, et je sais que tout cela te ferait... plaisir dirons-nous. Je ne pense cependant pas qu'ils s'y risqueront... Après tout, de mon côté, j'ai aussi tué des mangemorts, ils n'ont certainement pas envie de subir le même sort.

Un rictus s'était dessiné sur mes lèvres alors que j'eus un nouveau rire cynique. Ces mangemorts, si j'avais pu, je ne les aurais pas tué, même si je ne montrais jamais de regrets à ce sujet. Si je ne l'avais pas fait, je ne serais plus ici, ou dans un mauvais état, voire associée pour toujours aux mangemorts. Non, décidément, j'avais bien fait de faire cela, même si le visage de la mangemorte qui s'était sauvée et m'avait blessé me traversait encore l'esprit. Si à la fois je souhaitais la rencontrer une dernière fois pour lui régler son compte et me venger, j'espérais aussi que les mangemorts me laissent tranquille à la ma sortie de Poudlard. Oh, bien sûr, c'était idiot de penser cela, mais l'espoir fait vivre, paraît-il...

- Jarod n'aura pas particulièrement d'état d'âme à déployer nos forces contre eux au besoin, Léïlan. S'attaquer à l'un d'entre nous revient à encourir la colère de tous, et sache que même si tu choisis de ne pas intégrer les rebelles, tu seras toujours sous leur protection, comme il te l'a promis.

Il préfèrerait que je sois du groupe tout de même, n'est-ce pas ?

Avant, j'aurais parlé du chef des rebelles avec colère, voire avec mépris. Cependant, je m'étais calmée avec le temps, et après avoir eu quelques preuves de sa puissance et du fait qu'il avait aussi souffert dans le passé que moi, voire plus que n'importe qui, je le respecte profondément. Je le sais assez loyal et puissant pour ne pas vouloir avoir affaire à lui, mais aussi assez extrémiste parfois, ce qui expliquait mes quelques craintes.

- Quelle que soit la décision que tu prendras à leur égard, de continuer à les voir ou non, je veux que tu saches que je te soutiendrai et surtout, que rien ne pourra nous séparer. Lorsque je donne ma parole, je ne reviens jamais dessus.

La seule fois où j'accepterais de les revoir, ce serait dans leur tombe, rien que pour la détruire avec bonheur.

J'avais développé un humour assez noir également depuis ce moment-là, et il faisait parfois frissonner les non-initiés. Pourtant, même si on pouvait penser que je disais cela comme des paroles en l'air, j'étais totalement sérieux et je n'accepterais pas que l'on puisse en douter. Pourtant, malgré tout, j'acceptais en silence le baiser d'Alan, restant silencieuse durant quelques instants. Oui, il y avait juste un point d'interrogation sur un certain domaine, et j'étais mal à l'aise à l'idée d'en parler. Ce fut pourtant ce que je fis.

Même si je ne reste pas avec Dean, même s'il se réveille, tu m'accepteras de la même manière ?
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POUDLARD




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MessageSujet: Re: Ton visage danse sur les ombres quand les souvenirs sombres m'assassinent [PV Alan]   Lun 27 Sep - 20:52

Même si je ne reste pas avec Dean, même s'il se réveille, tu m'accepteras de la même manière ?

Alan avait perçu le malaise chez la jeune fille avant même qu'elle n'ait prononcé ces mots, mais il ne put s'empêcher de hausser un sourcil face à cette question.

- Bien sûr. Tu es libre de fréquenter qui tu veux. Pourquoi cette question ?

C'est alors que les rouages se mirent en branle dans son esprit. S'il raisonnait bien, la Serdaigle pensait qu'il l'avait prise sous son aile dans l'idée - voire dans le seul but - de rendre service à Ryan en prenant soin de la fiancée de son filleul, le temps que Dean sorte du coma. Compte-tenu des trahisons qu'elle avait vécues et des conséquences psychologiques qu'elles avaient eu sur son caractère, causant chez elle notamment une certaine insécurité affective, il n'eut pas grand mal à comprendre le problème.

Il laissa alors échapper un léger soupir avant de lui ébouriffer les cheveux, un léger sourire fleurissant sur ses lèvres.


- Léïlan... même si tu te mettais en froid avec Dean ou avec Ryan, cela ne changera rien à la tendresse que j'éprouve pour toi. Tu n'es pas une marchandise que je garde en attendant de la livrer quelque part... Tu es ma famille et si ce mot avait peu de valeur pour tes parents biologiques, je peux t'assurer qu'il en a pour moi. Même si tu devais te mettre à dos le monde sorcier, je ne pourrais pas cesser de t'aimer.

Il l'entoura alors de ses bras, l'enveloppant dans une douce étreinte tandis qu'il continuait de lui caresser délicatement les cheveux, pour reprendre ensuite la parole en lui murmurant à l'oreille.

- J'ai besoin de toi parce que tu es toi, pas à cause des liens que tu as envers les autres. Tu es libre de m'interroger sans crainte sur tout et n'importe quoi, parce que je ne veux pas que tu te sentes mal à l'aise... mais je te le dis et te le répéterai autant de fois que nécessaire, tu n'as pas à douter de mon affection pour toi car quoi qu'il arrive, elle ne changera pas.

Il songea brièvement à ce qu'auraient pensé ses anciens collègues en voyant le distant, glacé, insaisissable Alan Parrish en train de réconforter une enfant qu'il venait d'adopter comme étant la sienne. Comme quoi, même le plus endurci des êtres humains pouvait avoir un cœur et même si c'était tardivement, celui de l'ex-Auror avait fini par suffisamment s'entrouvrir pour laisser une nouvelle personne s'y installer.

Il s'écarta légèrement d'elle, gardant ses bras autour de sa frêle silhouette mais son regard fixé désormais sur le sien, un léger sourire flottant toujours sur ses lèvres.


- Jarod connait ton potentiel et il ne te refuserait donc pas une place dans son organisation mais... il sait comme moi que ce n'est pas forcément la meilleure voie à emprunter. Si mon enfance avait pris une autre tournure... peut-être n'aurais-je jamais rejoint les rebelles, voire même les Aurors. C'est ton choix, Léïlan et ni lui, ni moi ne te tiendrons rigueur de la décision que tu auras faite. Je serais même peut-être rassuré de te voir refuser de prendre part à cette guerre plus que tu ne l'as déjà fait...

Il avait posé un regard tendre sur elle tandis qu'il prononçait ces derniers mots. Alan savait qu'il ne pourrait pas l'empêcher de se battre si telle était sa volonté mais quitte à choisir, l'enseignant aurait préféré la savoir en sécurité plutôt qu'en première ligne.

Toutefois, un voile passa devant ses yeux tandis qu'une autre pensée lui venait à l'esprit.


- Jarod, Ryan, et même moi.. nous avons été changés par cette guerre, Jarod plus que nous tous. Tu as eu un bref aperçu de ce qu'il a enduré mais... tu ne sais pas ce que les mangemorts l'ont fait devenir. Ceux qui sont au courant savent aussi que le gentleman rieur et mondain n'est qu'un personnage visant à dissimuler...

Il ne fut pas en mesure de prononcer le nom de l'effroyable chasseur de mangemorts qui avait purgé l'Amérique de la quasi-totalité de ces mages noirs en l'espace de seulement quelques années. Dagnir... un nom elfique qui signifiait "Le Tourmenteur" car c'était bien ce qu'il avait été pour ces mangemorts qu'il avait traqué jusqu'au dernier.

Chassant ses sombres pensées, le jeune Parrish reprit la parole d'une voix sereine.


- Dis-moi plutôt ce que tu comptes faire de tes journées maintenant que te voilà préfète.
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SERDAIGLE




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MessageSujet: Re: Ton visage danse sur les ombres quand les souvenirs sombres m'assassinent [PV Alan]   Mer 29 Sep - 22:02

- Bien sûr. Tu es libre de fréquenter qui tu veux. Pourquoi cette question ?

Il semblait... perplexe. Alan ne comprenait apparemment pas la raison de ma question, et je regrettais cela. Cela se vit certainement dans le regard que je lui jetais, mais je n'osais reprendre la parole pour lui expliquer mes pensées. Comment aurais-je pu lui dire, à lui qui m'avait soutenu pour que je tienne bon, que je trouvais que Dean serait mieux sans moi ? A chaque fois qu'une chose importante avait lieu entre nous deux, une catastrophe se produisait. S'il s'en sortait cette fois, qui sait ce qui se passerait la prochaine fois ? Je refusais d'assister à sa mort en ma présence, je portais bien aussi la malchance sur mes proches comme cela. Je tâchais simplement de ne pas trop penser que ce genre de choses pourrait très bien arriver à Alan : si je lui en parlais, il tâcherait de me faire déculpabiliser, ce qui ne marchait pas vraiment quand mes doutes étaient aussi ancrés que ceux-ci.

- Léïlan... même si tu te mettais en froid avec Dean ou avec Ryan, cela ne changera rien à la tendresse que j'éprouve pour toi. Tu n'es pas une marchandise que je garde en attendant de la livrer quelque part... Tu es ma famille et si ce mot avait peu de valeur pour tes parents biologiques, je peux t'assurer qu'il en a pour moi. Même si tu devais te mettre à dos le monde sorcier, je ne pourrais pas cesser de t'aimer.

Même si tu avais tout le monde contre toi aussi, même tes meilleurs amis ?

Je savais déjà ce qu'il allait me dire, le connaissant tout de même un minimum, et je ne pus empêcher un léger sourire triste d'habiller mes lèvres. C'était peut-être stupide mais j'avais peur de cet attachement tant exprimé d'Alan, moi qui n'étais plus véritablement à le sentir autour de moi. Il y avait Dean, bien évidemment, mais c'était différent. Avec Alan, je me sentais à la fois protégée, surveillée et prête à être calmée si besoin. Il était assez étrange de savoir que maintenant, il allait me servir de père adoptif alors que je le considérais comme un grand frère, en quelque sorte...

Sa nouvelle étreinte me fit toujours, comme d'habitude, légèrement tressaillir avant que je ne me détende totalement. La lenteur de ses mouvements savait m'apaiser sans jamais m'effrayer vu qu'il faisait toujours attention à ne pas être trop brusque à mon égard. C'était ainsi qu'il avait réussi à gagner petit à petit ma confiance jusqu'au point où nous en étions arrivés aujourd'hui.


- J'ai besoin de toi parce que tu es toi, pas à cause des liens que tu as envers les autres. Tu es libre de m'interroger sans crainte sur tout et n'importe quoi, parce que je ne veux pas que tu te sentes mal à l'aise... mais je te le dis et te le répéterai autant de fois que nécessaire, tu n'as pas à douter de mon affection pour toi car quoi qu'il arrive, elle ne changera pas.

Même si je n'arrivais pas à être totalement rassurée, savoir que, dans tous les cas, je ne le perdrais pas était tout de même rassurant. Je savais ce qu'était la solitude, je l'avais côtoyé pendant un bon moment et elle était terrible. On en profitait toujours pour broyer du noir, pour se remémorer en boucle nos souvenirs les plus tristes, et on n'avait personne pour nous tendre la main. Non, cela n'était pas composé par le fait que la solitude nous offrait une certaine liberté, je l'avais rapidement compris. Si ce mode de vie m'avait attiré au début, je ne regrettais pas du tout de ne plus vivre ainsi, même si beaucoup d'élèves ne se comportaient pas normalement en ma présence : qu'ils aillent donc au diable !

- Jarod connait ton potentiel et il ne te refuserait donc pas une place dans son organisation mais... il sait comme moi que ce n'est pas forcément la meilleure voie à emprunter. Si mon enfance avait pris une autre tournure... peut-être n'aurais-je jamais rejoint les rebelles, voire même les Aurors. C'est ton choix, Léïlan et ni lui, ni moi ne te tiendrons rigueur de la décision que tu auras faite. Je serais même peut-être rassuré de te voir refuser de prendre part à cette guerre plus que tu ne l'as déjà fait...

J'y suis jusqu'au cou Alan, tu le sais bien.

Même s'il était dur de se dire que, finalement, je n'avais pas trop eu le choix, on ne pouvait pas le nier. L'attaque de mangemorts me visant, celle visant Dean, l'association de mon ex-famille avec eux... Tout me portait à les haïr, tout comme je haïssais le Ministère et ce soi-disant Ordre du Phénix. Ils avaient tous gâché ma vie en en faisant un enfer, et je me devais d'avoir un but dans la vie : j'avais donc choisi la vengeance. J'allais tous leur faire payer de ce qu'ils avaient pu me faire, en tuer le plus possible avant d'accomplir ma dernière révérence. Je n'avais aucun autre projet d'avenir après tout. Je sentais bien qu'Alan s'inquiétait malgré tout de ma future participation au combat, mais je lui serrai les mains avec un léger sourire, touchée malgré tout. Pourtant, je savais que même lui n'arriverait pas à me faire changer d'avis.

- Jarod, Ryan, et même moi.. nous avons été changés par cette guerre, Jarod plus que nous tous. Tu as eu un bref aperçu de ce qu'il a enduré mais... tu ne sais pas ce que les mangemorts l'ont fait devenir. Ceux qui sont au courant savent aussi que le gentleman rieur et mondain n'est qu'un personnage visant à dissimuler...

Je sais que cette facette n'est qu'un masque tu sais. Je sais également qu'il a tué dans d'affreux bains de sang la plupart des mangemorts américains. Cela me suffit largement pour le craindre et le respecter, tout en appréciant ses actions présentes.

Oh, bien sûr, je me doutais que, s'il n'y avait pas eu cette guerre, je n'aurais jamais rencontré ces trois personnes, et je serais certainement une Valingaï accomplie fière de son nom et portant les valeurs familiales avec prestige. Cependant, ce qu'Alan semblait oublier, c'est que la guerre m'avait déjà changé sans que je sois une combattante encore réellement active. Je doutais que j'aurais été aussi méfiante et aussi glaciale s'il n'y avait pas eu tout cela.

Je ferais tout pour devenir une rebelle à part entière dès que je pourrais sortir de cette fichue école Alan. Enfin... S'ils acceptent bel et bien de me laisser en liberté et sans psychologue quand j'aurais fini mes études...

Je ne pus m'empêcher de soupirer alors que mon angoisse à propos de ce futur fut visible durant quelques instants. J'ignorais véritablement ce que je ferais s'ils considéraient que je n'étais pas apte à vivre libre, sans contrôle obligatoire. La directrice était certes très sympathique, mais je doutais qu'elle accepte de me garder à Poudlard sans que j'y sois élève, et je ne pourrais occuper aucun poste dans l'école du fait de mon âge...

- Dis-moi plutôt ce que tu comptes faire de tes journées maintenant que te voilà préfète.

Rien de spécial, hormis que je passerais beaucoup de temps dans la réserve pour apprendre plus de choses, et que j'irais voir Dean le soir, pour n'avoir aucun risque d'être dérangée. Je risque d'utiliser cette fameuse salle de bains des préfets aussi, pour décompresser de temps à autre.

J'avais réussi, en quelques mots, à placer dans une phrases les rares avantages de ma fonction, ce qui n'était pas si difficile. Si e devais faire de même pour les inconvénients par contre... J'imagine qu'il avait dû être amusé quand il a su que j'avais eu ce titre plein de responsabilités, et cela était tellement ironique que je le voyais de la même manière. Cependant, il fallait aussi que je me dise que cette année n'allait pas être celle où des élèves vont m'apprécier pour ce que je suis vraiment...
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Ton visage danse sur les ombres quand les souvenirs sombres m'assassinent [PV Alan]

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