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 Neurasthénie : douleurs sans plaies.

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Maëlinne Aballain

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MessageSujet: Neurasthénie : douleurs sans plaies.   Lun 4 Juil - 12:03

Jason, Maëlinne, l'ombre de Dimitry




Voilà des jours que je faisais mon travail comme un robot ; des mois peut-être même. A cause de toi Dimitry. Et de cette mort qui refuse de m’amener à tes côtés. Richard, tu sais mon chef, dis que je dois apprendre à vivre sans toi. Il ne comprend pas. Il ne voit pas que c’est tout bonnement impossible ! Lui il a sa femme et tout ses gosses. Mais s’il en perdait un, que deviendrait-il ? un fantôme. Comme moi, voilà ce que je suis sans toi. Une pauvre âme qui s’est égarée sur la terre et qui ne trouve pas la sortie de ce monde. Les gens ne me reconnaissent plus dans la rue, mes amies me regardent avec des yeux tristes. Ils ne me reconnaissant plus. j’ai changé et je m’en veux tu sais. Si tu me voyais, me reconnaitrais-tu ? je ne suis plus celle que tu aimais. Je me sens de trop, alors je recherche l’ombre, cachés dans des habits foncés. Comme la cape sous laquelle tu te cachais…

Je dois aller voir Jason. Il travail au ministère. C’est un peu l’un de mes chefs. Le connaissais-tu ? il y a tant de chose que tu m’as caché, je me rends compte que l’homme que j’aime si fort était en réalité plein de secrets. Ça me fait mal de me dire ça tu sais. Je pensais te connaitre. Je pensais que tu pouvais me faire confiance !
Pourquoi dois-je aller vois Jason déjà ? Je ne sais plus. je baisse les yeux vers mon paquet de feuilles. A oui, on a vu des créatures étranges lors d’une mission. Enfin, étrange pour moi, pour lui surement moins. Mais le fait est qu’elles n’avaient rien à faire là. Alors comme je ne suis plus bonne à rien, on m’a envoyé lui remettre le rapport. J’étais auror. Je chassais les mangemorts. A mes yeux ils étaient le mal. Mais tu étais l’un d’eux. Tu as fait voler en éclat toute les certitudes que j’avais, ma notion du bien et du mal.

Je crois que je viens de rentrer dans quelqu’un. Aucune importance. Sans toi, rien n’a plus d’importance. Tout est si gris et sans couleur tu sais… reviens moi Dimitry ! Ton fantôme hante mes jours et mes nuits, j’ai besoin de toi. Je refuse de t’avoir perdu. La mort ne peut pas te garder. Tu es à moi. Elle doit comprendre ça…

Il me semble que c’est cette porte. Je n’en jurerai pas. Car il ne faut jurer de rien. Surtout dans mon état.

Je frappe doucement à la porte et j’attends qu’on me dise d’entrer. Richard m’a fait répéter ce que je devais lui dire. Mais je crois bien que j’ai oublié. J’étais déjà distraite avant mais ces derniers temps c’est encore pire. J’ai besoin de tout mon cerveau pour te garder en vie en moi. Pour continuer à sentir ton odeur dans tes vêtements. Pour croire encore que tu es là…

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Jason Hawkins

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MessageSujet: Re: Neurasthénie : douleurs sans plaies.   Mer 6 Juil - 22:42

Comme à son habitude, Hawkins était arrivé tôt à son bureau, plus tôt que la très grande majorité de ses subordonnés, voire même que des autres employés du Ministère. Etait-ce parce que le Directeur du Département des Créatures Magiques était accro à son travail ? En partie, peut-être mais il y avait aussi le fait que le Seigneur des Ténèbres pouvait requérir son aide à tout moment et qu'il ne désirait pas laisser ses dossiers en plan. Ce n'est pas parce qu'il appartenait aux Mangemorts qu'il devait devenir aussi paresseux et vaniteux que ces gosses de riches qui vivaient en dépensant la fortune amassée à la sueur et au sang de leurs ancêtres.

Jason venait lui aussi d'une ancienne et noble famille de sang-purs mais jamais les siens ne s'étaient allés à vivre dans l'indolence la plus totale. Ce département, son père l'avait dirigé avant lui et nombre des Hawkins qui l'avaient précédé faisaient partie des plus hauts fonctionnaires du Ministère, avec même quelques Ministres de la Magie à leur actif. Bien sûr, Hawkins n'arborait pas de telles prétentions mais il n'entendait pas non plus souiller l'honneur de sa famille.

Les choses se déroulaient de manière plutôt calme chez les Mangemorts, même s'ils n'étaient pas le moins du monde inactif. Seulement, leur travail était de nature plus subtile, plus secrète que ce que les serviteurs du précédent Mage Noir effectuaient en leur temps. Il fallait reconnaître que Lord Voldemort ne possédait pas la moindre finesse, contrairement à son successeur, Lord Aegnor. C'était d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles il avait fini par accepter de rejoindre ses rangs...

... ce n'était toutefois pas la seule. Non, c'était une magnifique jeune femme aux cheveux noirs de jais et au sourire aussi amusé que mystérieux qui s'était révélée comme le facteur déterminant. Elle était aussi belle que terrifiante, élégante et raffinée mais pouvant aussi s'avérer terrible et sans pitié. Anna Stove avait été son recruteur mais aussi et surtout son mentor, ainsi que son amante d'une nuit. Une nuit qui le hanterait probablement jusqu'à la fin de ses jours par la passion qu'ils y avaient tous les deux illustré.

Hélas, aujourd'hui elle était passée dans le camp adverse, peut-être pour protéger son fils ou bien en raison d'un changement d'opinion. Hawkins la regrettait, bien évidemment mais il n'aurait sans doute pas été en mesure de la retenir. Anna n'avait pas été le genre d'oiseau que l'on peut garder enfermé dans une cage...

Le haut fonctionnaire du Ministère fut sorti de ses pensées par les coups polis qu'il entendit frapper à sa porte. Consultant brièvement son agenda, il se rendit compte qu'il avait effectivement un rendez-vous prévu à cette heure-ci, avec une jeune Auror. Refermant le dossier qu'il consultait, il prit la parole d'une voix forte et intelligible.


- Entrez, je vous prie.

Les deux jeunes gens étaient certainement aux antipodes l'un de l'autre.

Autant Jason était habillé d'un élégant costume anthracite et respirait le calme et la sérénité, la jeune femme qui venait de pénétrer dans la pièce portait des vêtements un peu frippés et elle lui semblait absente, un peu hagard peut-être. Pourtant, ce n'était clairement pas naturel car elle avait une belle chevelure brune et des traits agréables. Seulement, elle avait certainement connu des jours meilleurs.

Néanmoins, une lady était une lady, quelles que soient ses origines ou son apparence et Hawkins demeurait un gentleman. C'est pourquoi il se leva de son fauteuil et contourna son bureau pour lui faire face.


- Bonjour mlle Aballain, je suis enchanté de faire votre connaissance. Mon nom est Jason Hawkins, je suis le Directeur du Département des Créatures Magiques.

Et tout en prononçant ces quelques paroles d'introduction, il avait délicatement pris l'une des mains de Maëlinne dans la sienne avant de la porter à ses lèvres pour y déposer un léger baiser de courtoisie. Une fois que ce fut fait, il lui adressa un sourire avant de lui indiquer un siège.

- Asseyez-vous, je vous prie. Nous avons visiblement certains détails à discuter au sujet de votre précédente mission et vous semblez exténuée.

Une fois qu'elle se fut assise, il regagna son fauteuil et usa de sa baguette pour ouvrir silencieusement l'un des petits placard que comportait la pièce. Des rafraîchissements en sortirent, sous forme de carafes principalement et lévitèrent jusqu'au bureau, pour prendre place sur le plateau d'argent prévu à cet effet. Bien sûr, il ne s'agissait que de boissons non alcoolisées puisqu'ils étaient tous deux en service.

- Je suppose que votre supérieur a déjà prévu le rapport que vous deviez mentionner... mais je connais déjà son avis et il ne m'intéresse pas de l'entendre une seconde fois. Ce que je désire, c'est connaître le vôtre, votre perception de ces événements, si vous le voulez bien.

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Maëlinne Aballain

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MessageSujet: Re: Neurasthénie : douleurs sans plaies.   Dim 10 Juil - 15:21

J’ouvrai doucement la porte. L’homme qui me fit face était grand et distinguer. Pas aussi beau que toi bien sûr, mais je dois avouer qu’il avait une certaine classe. Il semblait calme. Contrairement à moi. Je n’étais encore jamais venue dans son bureau et je ne me sentais absolument pas à ma place. Mais depuis ton départ, je ne me sentais plus à ma place nulle part. Ni dans cette maison qui était la notre, ni dans ce ministère ou je suis sensé travailler, ni… le seul endroit ou je me suis un jour sentie à ma place, c’était entre tes bras. Alors souvent, la nuit, je les imagine autour de moi… pour rêver juste encore un peu tu comprends ?

L’homme avait l’air plutôt sympathique et quand il se présenta, bien que je sache que c’était l’usage, je trouvais ça plutôt idiot. Je savais évidemment qui il était, je devais aller lui remettre un rapport ! Quoi que j’aurais très bien été capable d’oublié son nom… mais ce n’étais pas le cas.


« Bonjour, enchantée… »

Murmurai-je simplement. Tu sais, avant, j’avais de la classe. Je ne suis pas vaniteuse, je constate juste sans en tirer aucune fierté. Maintenant, quand je croise un miroir, je me fais peur. Ou plutôt je me déçois. Je suis descendue si bas… et je continue à m’enfoncer. Parfois, je me dis qu’il serait temps que je donne un grand coup de pied dans le fond pour être capable de remonter. On m’a dit que c’était le début de la phase d’acceptation. Mais moi je ne veux rien accepter du tout !

Après un baisemain courtois que je trouvais désuet il me fit signe de m’assoir dans l’un des siège, ce que je fis volontiers. J’aurais bien aimé le faire avec grâce, et je m’en efforçais. Pour me donner une image un peu plus présentable tu comprends, mais je ne suis pas sûre que mes effort furent récompensés… il me dit d’ailleurs que je semblais exténuée. Etais-ce vrai ? Sans aucun doute je dormais trop peu. Passant ma main sur mon visage je tentais de faire disparaitre un peu mes cernes et de coiffer mes cheveux bruns. Je crois que j’y arrivais plus ou moins, même si, pour être franche, je devais toujours faire peine à voir… je savais très bien ce qu’il me manquait. Cet éclat dans les yeux, cette petite étincelle que j’avais toujours avant. Tu l’aimais tant, je me souviens. Tu disais que c’était le secret de ma beauté. Alors de mes yeux vide je regardais les petites carafes léviter jusqu’au bureau et s’installer sur un plateau d’argent. Je trouvais les manières de mon interlocuteur un peu dépassées mais charmantes.

Cependant, lorsqu’il me demanda de lui raconter ma « perception des évènements », je ne pus m’empêcher d’ouvrir de grands yeux. Mon avis, ma perception…

comment dire, comment expliquer. Depuis quelque temps, je n’avais plus d’avis sur rien. Je regardais vaguement le monde continuer sa route, sans me poser de questions. Alors là, je ne savais absolument pas quoi répondre.


« Mon avis ? C’est-à-dire que… on ne m’a pas vraiment envoyé pour ça… il ne compte pas, et puis je n’en ai pas vraiment, je pense comme mon supérieur moi… »

Je regardais mes pieds. Quelle était déjà la créature en question ? Une licorne ?oui, il me semblait que c’était ça. Enfin, plus ou moins vaguement. Très très vaguement… si, je devais être sur que c’était ça. « Aller, m’encourageai-je intérieurement, prends un air sur de toi. Tu y étais après tout, tu l’a vu cette licorne, oui, c’était bien une licorne ! Tu as l’air d’une lavette avachie, ça va pas ça, faut que tu te réveilles. Tu plaisais aux hommes avant ! »

Avant. Tout était là. M’obéissant, je relevais la tête.


« Je veux dire, je suis tout à fait d’avis que cette licorne n’était pas à sa place dans ce village. Des sources sûres nous avaient dit qu’elles y avaient vu des mangemort. Une licorne complètement effrayée au milieu d’un village où nous soupçonnons la présence de mangemorts. C’est étrange vous ne trouvez pas ? Je ne connais absolument rien aux créatures magiques mais je me demande ce qui a bien pu la pousser à s’aventurer si loin de la forêt… »

Tout en parlant, j’avais retrouvé un peu d’assurance. Je restais encore absente et différente de celle que tu aimais (celle que tu aimes…) mais j’espère juste que je faisais un peu moins pitié. Oui, c’est ça que j’inspire aux gens tu sais. De la pitié. Ils se disent que je suis une pauvre femme, que je vivais avec un homme sans savoir qui il était vraiment. Mais si je le sais. Tu étais un homme bien. Celui avec qui je devais passer ma vie et qui devais devenir le père de mes enfants. Les gens sont si étriqués d’esprit ! Ils ont besoin d’enfermé les personnes dans des cases. A leurs yeux, tu n’es qu’un mangemort. J’ai du mal à associer ce nom à ton souvenir tu sais. Il te convient si peu… pourtant, chaque nuit me rappelle ton visage et ce masque. J’aimerai l’arraché, découvrir que ce n’est pas toi en dessous. Mais c’est trop tard mon amour. Trop tard pour nous. Je cherche la force de venir te retrouver tu sais…
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Jason Hawkins

MANGEMORT




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MessageSujet: Re: Neurasthénie : douleurs sans plaies.   Mar 12 Juil - 17:57

Par la manière dont elle avait mollement répondu à son introduction, le chef de département pouvait juger de l'état de traumatisme émotionnel dans lequel semblait se trouver la jeune femme. En effet, en plus de ses leçons d'occlumencie et de légilimencie, Hawkins avait étudié la psychologie à Durmstrang. Certes, la discipline en question visait davantage à déstabiliser l'adversaire pour prendre un ascendant psychologique sur lui plutôt que pour le guérir mais ses notions de base demeuraient assez solides.

Sa demande parut la surprendre et il crut discerner un changement dans son regard. Léger, presque imperceptible mais présent quand même, comme le laissa entrevoir sa réponse assez vague.


« Mon avis ? C’est-à-dire que… on ne m’a pas vraiment envoyé pour ça… il ne compte pas, et puis je n’en ai pas vraiment, je pense comme mon supérieur moi… »

Il ne répondit pas immédiatement, l'observant tandis qu'elle sortait très lentement de cette léthargie où elle s'était volontairement plongée pour atténuer sa souffrance. Une parcelle de son ancienne assurance sembla lui revenir tandis qu'elle argumentait sa réponse.

« Je veux dire, je suis tout à fait d’avis que cette licorne n’était pas à sa place dans ce village. Des sources sûres nous avaient dit qu’elles y avaient vu des mangemort. Une licorne complètement effrayée au milieu d’un village où nous soupçonnons la présence de mangemorts. C’est étrange vous ne trouvez pas ? Je ne connais absolument rien aux créatures magiques mais je me demande ce qui a bien pu la pousser à s’aventurer si loin de la forêt… »

C'était un progrès. Pas un énorme progrès, et il était clair que ce qui la tourmentait ne s'en irait pas du jour au lendemain mais elle avait un tant soit peu réagi à ce qu'il venait de lui dire. C'était un bon signe... et c'est pourquoi Jason décida de passer à l'étape suivante.

Acquiesçant simplement de la tête, le chef de département reprit la parole d'une voix veloutée.


- Ce serait un rapport acceptable... s'il venait d'un Auror tout juste sorti de l'académie. A ma connaissance, vous êtes une Auror expérimentée. Votre dossier mentionne même que vous avez servi aux côtés d'Alan Parrish, dit "le Corbeau", le célèbre Auror français qui a permis de débarasser l'hexagone de la majorité de ses mages noirs avant qu'il ne s'oriente vers l'enseignement. Les annotations vous concernant qui figurent dans ses rapports de mission sont plutôt élogieuses... et très différentes de votre comportement ces derniers temps.

Jason saisit l'un de verres en cristal et le porta à ses lèvres, dégustant une gorgée de jus de fruit avant de refermer le dossier qui se trouvait face à lui, et dont le titre n'était autre que "Maëlinne Aballain, Auror". Puis il orienta son regard azuré sur son interlocutrice avant de reprendre la parole d'une voix calme mais dont les paroles étaient aussi tranchantes que les lames d'un rasoir.

- Mlle Aballain, je comprends votre douleur pour avoir moi-même perdu des êtres chers durant ces guerres mais vous appartenez au corps des Aurors britanniques. Vous avez prêté serment de protéger les citoyens sorciers de cette nation et de vous donner entièrement à cette tâche. La personne que j'ai en face de moi n'est rien de plus que l'ombre de l'héroïque combattante mentionnée dans ce dossier.

Normalement, il lui aurait fallu passer par plusieurs étapes consécutives - et passablement longues - pour faire évoluer l'état dans lequel se trouvait la jeune Auror mais les forces du Ministère étaient trop réduites pour pouvoir se permettre de se passer de leur éléments pour des raisons aussi... triviales. Ou tout du moins, tels étaient les avis respectifs du Ministre de la Magie et du directeur du Bureau des Aurors. Voilà pourquoi Jason décida de s'efforcer à faire revenir à la surface cette femme qui était en train de se noyer dans son chagrin et son désespoir.

Se levant de son fauteuil, l'ancien champion de duel de Durmstrang dégaina sa baguette si vite que le moment aurait sûrement paru flou, voire imperceptible par un amateur. Puis il la braqua tout aussi rapidement en direction de la jeune femme.


- Repulso ! Pensa-t-il avec force.

Son sortilège informulé envoya voler la jeune femme à l'autre bout de la pièce, la faisant heureusement atterrir sur le canapé qui s'y trouvait, selon la trajectoire calculée par Jason. Le chef de département mis silencieusement en place un bouclier autour de lui avant de prendre la parole.

- Je n'ai pas connu votre amant mais, quel qu'ait été son camp, s'il vous aimait vraiment, croyez-vous qu'il voudrait vous voir dans cet état ? Pensez-vous qu'il souhaiterait vous voir dépérir de cette manière, comme si vous étiez déjà morte ?

Sans lui laisser le temps de répliquer, il fit un nouveau moulinet avec sa baguette avant de lancer un autre sort informulé :

- Levicorpus ! Songea-t-il, en concentrant sa magie sur Maëlinne.

Il regarda la jeune femme s'élever dans les airs, la tête en bas, comme si elle avait une corde invisible accrochée aux pieds mais il ne fit pas le moindre geste pour lui venir en aide. A la place, il se contenta de renouveler son bouclier protecteur avant de reprendre la parole avec autant de panache et de froideur qu'auparavant.

- Vous êtes arrivée à la croisée des chemins, mlle Aballain. Vous pouvez choisir de vous laisser sombrer complètement, jusqu'à peut-être finir par éteindre la dernière lueur de vie qu'il vous reste pour hypothétiquement rejoindre celui que vous aimiez... ou bien vous pouvez relever la tête et montrer au monde que vous méritez l'estime qu'arbore Parrish à votre égard ! Prouvez que vous êtes digne du badge que vous portez !
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Maëlinne Aballain

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MessageSujet: Re: Neurasthénie : douleurs sans plaies.   Mer 13 Juil - 13:01

Lorsqu’il fit un petit signe de la tête, je crus que mon piteux rapport lui allait. Je crus vaguement qu’il allait me laisser partir, après tout, j’avais fait ce qu’il m’avait demandé ! Certes, je l’avais mal fait, mais c’était tout ce dont j’étais capable.

Mais lorsqu’il parla d’une voix veloutée, je ne pus m’empêcher de le regarder, un mélange de stupéfaction et de colère dans les yeux. J’étais quelqu’un de calme, je m’énervais rarement. Tu le sais. Même lorsque tu as ramené ta fille à la maison, ma colère a été sourde et silencieuse. Et puis tu vois, je n’ai même plus la force de me mettre en colère et de crier. Plus la force de répliquer

Alors je ne trouvais pas le courage de lui répondre. Pour lui dire quoi ? Qu’il avait terriblement raison ? Que je ne servais plus à rien dans ce ministère et que, pour preuve, on m’envoyait porter des rapports comme une vulgaire secrétaire ? Tu étais fier de ma réussite, tu me le disais toujours. Mais lorsque tu es parti, tu a tout fait s’écrouler… il but doucement un verre de jus de fruit. Attendait-il que je dise quelque chose ? Possible. Mais je ne dirais rien…

Il dit qu’il comprenait ma douleur. Comment aurait-il pu ? Tout ces mots sonnaient justes à mes oreilles, mais je refusais de le croise. Personne ne comprenait. Je voulais être égoïste avec ma douleur. La garder pour moi et ne pas la partager, parce qu’après tout c’était tout ce qu’il me reste de toi… il parla ensuite de mon serment. Mais il me semblait tellement vieux ce moment où, toute jeune auror j’avais dit que je défendrai mes confrères contre le mal. Le mal, une notion si souvent employée et pourtant si abstraite… à cet époque, je pensais encore que les gens comme toi étaient les méchants. Mais maintenant ? Alors oui, ce qu’il disait était vrai. J’étais une ombre. Parce que je cherchais désespérément la tienne dans ce monde qui m’était devenu étranger.

Il fit un mouvement trop rapide pour mes yeux fatigués et je me sentis propulser en arrière. Avais-je rêvé ou venait-il réellement de m’attaquer ? Il fallait que je réplique, que je trouve quelque chose à faire ! J’étais une auror, j’étais une combattante, je l’avais souvent prouvé ! Mais le problème, c’était que tout ça, je le pensai au passé. J’avais été. Mais je n’étais plus. M’écrasant sur un canapé, j’entendis sa voix me poignarder un peu plus le cœur. Ne voyait-il pas que j’avais déjà assez mal ? Je saignais de douleur, il me semblait qu’elle se rependait tout autour de moi. Comme une vague. Elle débordait de mon cœur trop faible pour contenir tout mon désespoir. Et lui, il avait repris le couteau qui t’avait tué. Il me l’enfonçait dans le cœur encore et encore, avec ses mots si justes. Ses mots si vrais.

Non mon amour, je sais que tu n’aimerais pas ce que je suis devenue. Tu ne me regarderai sans doute même pas. Pourtant, la première fois que j’ai croisé ton regard, il était plein d’admiration pour moi. Pour la femme que j’étais à cette époque. Mais maintenant, je ne suis qu’une poupée de chiffon qu’il fit léviter dans les airs la tête en bas. Une larme coula. J’avais mal, j’avais honte, mais j’étais furieuse. Mes cheveux devinrent plus noirs que la nuit, la couleur de toutes mes peurs. Si noirs qu’ils semblaient aspirer la lumière comme la nuit aspirait mes futiles espoirs. Ma peau devint blanche. Comme la mort qui t’avait absorbée. Comme celle de ces femmes qui emportaient les gens au terme de leur vie dans un livre que j’avais lu enfant. Mais j’aurais aimé moi, pouvoir faire comme le danseur de feu du livre, conclure un marché avec elle pour te ramener. Perdre mon souffle pour que le tien revienne. Mourir pour que tu puisses vivre encore… parce que je n’existais déjà plus…


« Mais je suis morte ! » voulus-je crier. Mais cette phrase sortie si faible de ma gorge que j’eus honte de moi.

Et il ne fit aucun geste pour m’aider. Il me laissa là, tête en bas. Comme si j’étais son jouet. Une petite auror qu’il prenait un plaisir sadique à faire souffrir. Une partie de mon inconscient savait ce qu’il essayait de faire. Savait qu’il voulait réveiller l’ancienne Maëlinne profondément enfouie en moi. Savait qu’il voulait réveiller son honneur pour l’obliger à remonter à la surface et l’empêcher de se noyer. Mais je refusais de revoir la lumière du soleil. Parce que mon seul soleil c’était toi et qu’une horrible femme l’a éteint sans pitié…

Pourtant, la colère grondait en moi. Celle que j’avais contenue pendant des mois sans même m’en rendre compte. Celle que l’éponge que j’étais avait absorbée. La rage face au regard des gens et face à la mort. Face à cette femme surtout. La haine que mes peurs m’avait fait porter. Mais je n’avais plus la force de lancer des sors, alors ma voix se fit celle de la douleur et de l’incompréhension.


« Et si je veux me noyer ? Si je ne veux plus de mon badge ? Et si… »

Je savais ce que je voulais dire, mais mes yeux noirs dans les siens hésitaient à prononcer à voix haute les doutes qui m’habitaient. Je ne savais après tout rien de l’homme qui me faisait face. Je ne savais pas qui il était. Pas d’où il venait. Pourtant, il était le seul depuis bien longtemps à essayer de me faire me relever. Par des méthodes que je n’approuvais pas, mes qui avaient le mérite d’exister…


« Et si je ne veux plus participer à cette guerre débile ? On se bat pour un principe de bien et de mal totalement dépassé ! Je voulais me battre contre ce que je pensais être le mal, mais j’ai pris les mêmes manières que mes ennemis ! Moi aussi j’ai tué ! Je suis devenue un monstre sans même m’en rendre compte ! J’ai infligé à des gens ce que je vis aujourd’hui ! »

Il dut lâcher le sort qu’il m’avait infligé parce que je tombais sur le sol et je me relevais brusquement. Ce n’était plus seulement de la colère qui m’habitait. C’était un nombre infini de sentiments indéfinissables. Un mélange plus puissant qu’une bombe qui me faisait exploser de l’intérieur. Tout ces mots que je ne m’étais jamais résolue à prononcer sortaient enfin. Ma culpabilité face à ses gens que j’avais tué, ma honte envers moi-même, ma colère envers le système débile qui nous poussait à choisir un camp… tu sais Dim, il y a des choses que je ne t’ai jamais dites. Et les mots que je prononçai alors en font partie. Je voulais que tu me vois forte et je me trouvais faible de ne pas savoir faire face à mes propres gestes…

« Je pensais qu’il était bien de combattre le mal, quelque soient les manières adoptées. Mais en réalité je suis pire que ceux que je traque ! Alors oui, je suis une ombre, oui je ne suis plus ce que j’étais, mais j’ai plus la force d’être ce que les autres veulent que je sois. J’ai plus la force de me mentir alors peut-être que le mieux serai pour moi serait de mourir ! Je suis qu’une gamine qui soudain doit faire face à la réalité et je reste planté à cette croisée de chemins. »

Je me laissais tomber sur le canapé, je n’avais soudain plus en moi ni honte ni rien du tout. J’étais juste vide. Pleine d’une terrible lassitude. L’espace d’un instant, je ne portais même plus en moi cette infinie tristesse, cette idée que ta mort était arrivée par ma faute. Et, sans le regarder je murmurai, comme à moi-même :


« Et je suis tellement faible que je n’ai pas la force de faire un choix, alors je préfère errer dans votre monde comme un fantôme… »
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Jason Hawkins

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MessageSujet: Re: Neurasthénie : douleurs sans plaies.   Ven 15 Juil - 19:41

« Mais je suis morte ! »

Ce qu'elle avait sans doute voulu hurler comme un cri n'était ressorti que comme un murmure étranglé par cette émotion qui lui enserrait le cœur. Jason aurait sans doute pu éprouver de la pitié pour elle s'il avait décidé qu'elle ne méritait rien d'autre de sa part. Pour le moment, il n'était pas encore résigné à laisser s'enfoncer la jeune Auror dans les abysses où elle s'engageait un peu plus jour après jour.

Grâce à la légilimencie, il pouvait entrevoir, dans une certaine mesure, les émotions qui la tourmentaient. Le désespoir et l'abattement commençaient à régresser quelque peu en faveur d'une colère émergente. Oui... il fallait laisser remonter cette colère qui n'avait été que trop réprimée au plus profonde d'elle-même, la faire ressortir dans cet océan de souffrance qui l'engloutissait.


« Et si je veux me noyer ? Si je ne veux plus de mon badge ? Et si… »

La carapace se fendait un peu plus à chaque seconde, tandis que les yeux noirs de Maëlinne fixaient le regard azuré de Jason. Il pouvait lire dans ses orbes sombres le conflit qui se manifestait en elle, et qui concernait également l'opinion qu'elle se forgeait de lui.

« Et si je ne veux plus participer à cette guerre débile ? On se bat pour un principe de bien et de mal totalement dépassé ! Je voulais me battre contre ce que je pensais être le mal, mais j’ai pris les mêmes manières que mes ennemis ! Moi aussi j’ai tué ! Je suis devenue un monstre sans même m’en rendre compte ! J’ai infligé à des gens ce que je vis aujourd’hui ! »

Le véritable cœur du problème était en train de ressortir et c'est pourquoi il mit fin à la magie qui la maintenait dans les airs avec un sortilège silencieux. L'Auror ne croyait plus en elle-même mais elle ne croyait plus non plus en cette guerre, ni même dans le camp qu'elle était censée défendre. Elle en était arrivée à remettre en question tous ses croyances établies... ce qui expliquait son apathie.

« Je pensais qu’il était bien de combattre le mal, quelque soient les manières adoptées. Mais en réalité je suis pire que ceux que je traque ! Alors oui, je suis une ombre, oui je ne suis plus ce que j’étais, mais j’ai plus la force d’être ce que les autres veulent que je sois. J’ai plus la force de me mentir alors peut-être que le mieux serai pour moi serait de mourir ! Je suis qu’une gamine qui soudain doit faire face à la réalité et je reste planté à cette croisée de chemins. »

Il la regarda se vautrer sur le canapé, visiblement vidée de toute cette énergie qui l'avait consumée pendant des semaines, des mois voire des années peut-être. Tout ce maelström d'émotions conflictuelles et intenses qui l'avait à la fois soutenue et dévorée de l'intérieur venait de se libérer, la laissant sans doute épuisée mais davantage en paix qu'elle n'avait dû l'être depuis longtemps.

« Et je suis tellement faible que je n’ai pas la force de faire un choix, alors je préfère errer dans votre monde comme un fantôme… » Murmura-t-elle finalement.

Jason passa une main dans ses cheveux, incertain de la meilleure conduite à suivre... jusqu'à ce des paroles qui lui avait dit Anna ne lui reviennent en mémoire : "si tu ne sais pas quel est le choix le plus juste, fie-toi à ton instinct, jamais il ne te trahira." Voilà pourquoi il conjura une chaise et s'assit en face de la jeune femme avant de prendre la parole à son tour.

- L'épreuve que vous traversez arrive souvent aux Aurors qui ont fini par livrer une bataille de trop, du genre de celles où le prix à payer pour l'emporter s'avère trop élevé. Pour certains, c'est de devoir combattre des gens qui leur semblent identiques à eux... et pour d'autres, plus rares, c'est de se rendre compte que dans le camp adversaire se trouvent des êtres qui leur sont chers...

...comme c'était sans doute le cas d'Anna désormais. L'ancienne numéro 2 des Mangemorts n'avait jamais été du genre inactive et il ne l'imaginait par fuir d'un conflit où son fils, la personne à laquelle elle tenait le plus au monde sur cette terre, s'était impliqué. Parfois, il lui arrivait d'imaginer la retrouver... mais sur un champ de bataille. Dans certains de ses cauchemars, il la voyait le tuer, riant de sa stupidité et de sa naïveté à l'avoir aimée...

Bien sûr, ce n'était qu'une peur irrationnelle, d'une part parce qu'il ne l'avait jamais rencontrée au combat jusqu'à présent mais aussi parce qu'il n'avait pas chômé depuis son départ. S'immergeant dans toutes les branches de la magie qui lui étaient accessibles, il devenait chaque jour un peu plus fort et son statut de bras droit du Seigneur des Ténèbres, sans la présence d'aucun rival, témoignait de sa puissance. Il était possible que cela ne suffise pas, parce que son ancien mentor devait aussi s'entraîner mais... il ne préférait pas imaginer cette possibilité pour le moment.


- Les principes de "bien" et de "mal" sont effectivement dépassés, et ne servent qu'à endoctriner les plus innocents, comme les élèves tout juste sortis de Poudlard, et les simples d'esprit. En croyant combattre le mal incarné, cela leur évite de penser aux personnes qu'ils doivent tuer en service... Ce n'est sans doute pas la meilleure approche mais c'est celle qu'ont choisie les formateurs du bureau des Aurors.

Il fit une courte pause, cherchant des mots qu'il n'aurait jamais crus aussi sincères, car ils provenaient tout droit de son expérience, de son cœur.

- Je ne considère pas le suicide comme un acte de courage, spécialement lorsqu'il est accompli en vain, sans aucun résultat. Je ne peux pas vous dire quoi faire, ni de quelle manière faire revenir la jeune femme innocente que vous avez été jadis... parce que c'est sans doute impossible. Même en vous effaçant la mémoire, le poids de ce que vous avez fait, de ce que vous avez réalisé, demeurera présent, dans votre corps et dans votre cœur.

De la même manière que l'innocent Jason Hawkins n'était jamais complètement ressorti de Durmstrang. Là-bas, il avait commencé à s'endurcir, à devenir le sorcier qu'il était aujourd'hui, même si sa transformation avait nécessité la mort de ses parents de la main des Mangemorts, ainsi que l'arrivée d'Anna dans sa vie pour faire éclater ses dernières illusions.

- Si vous considérez que vos convictions ne valent plus le tribu de sang que vous leur avez accordé, que cette lutte n'a déjà que trop abusé de vos services alors partez. Dans un autre département, dans un autre pays peut-être... et refaites votre vie. Il n'est jamais trop tard pour changer, peu importe si cela vous paraît difficile, parce que c'est le propre de l'existence d'être en perpétuel changement... pour le meilleur et plus souvent, pour le pire.

Le chef du département des Créatures Magiques remarqua un objet brillant au sol et le ramassa. Il s'agissait du badge d'Auror de Maëlinne, qui avait dû se décrocher pendant qu'elle était quelque peu malmenée par ses sorts. Bien qu'un peu égratigné par endroits, il demeurait scintillant sous la lumière du plafonnier, symbolisant peut-être le bouclier que représentait le corps des Aurors pour la population.

- En revanche, si vous choisissez la voie du combat, vous devrez changer également. Aujourd'hui, vous venez d'enterrer les derniers restes de l'ancienne Maëlinne Aballain, cette mue qui demeurait collée à votre peau et qui vous étouffait lentement mais sûrement. Ce sera à vous de choisir quelles seront vos valeurs, qui elles représenteront, et de quelle manière vous les appliquerez. Personne ne peut décider à votre place de la façon dont vous devez mener votre vie.

Observant encore brièvement le badge, il le déposa dans la poche du manteau de Maëlinne avant de se lever, lui adressant à nouveau la parole d'une voix plus basse, plus douce peut-être aussi.

- Prenez le temps dont vous avez besoin. Reprenez contact avec vos proches, vos amis et découvrez qui vous êtes devenue, et qui vous voulez devenir. Je règlerai les détails de votre congé payé avec le directeur du bureau des Aurors... Vous êtes libre de revenir me voir lorsque vous aurez pris votre décision.

Voilà. Il avait fait tout ce qu'il pouvait pour elle. C'était peut-être bien peu au regard de la tâche qu'elle avait à accomplir mais tel était le prix du libre-arbitre, un libre-arbitre dont Jason ne voudrait jamais franchir les limites. De son point de vue, tous les êtres étaient libres de choisir leur propre destinée, et il n'entendait pas faire d'exception.

Se détournant finalement d'elle, il se dirigea vers son bureau, songeant à la montagne de travail qu'il allait sans doute devoir abattre
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Maëlinne Aballain

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MessageSujet: Re: Neurasthénie : douleurs sans plaies.   Lun 18 Juil - 11:17

Tu sais Dim, j’aurais bien aimé être quelqu’une de forte. De vraiment forte, digne de toi. J’aurais aimé avoir la force de m’occuper de ta fille. Mais pourtant je ne supporte pas de la voir. Ces yeux semblables aux tiens me font mal. Ils me transpercent et me rappellent que je t’ai perdu…

Jason, après m’avoir brutalisée, semble indécis. Qu’il le soit. Se rend-il compte de ce que je vis ? J’en doute tu sais, j’en doute vraiment. Alors il prend une chaise, doucement, il s’installe en face de moi. Et il parle. D’une voix calme et clair. Je voudrais ne pas l’écouter. Fermé mes oreilles, mon esprit. Il me semblait devenu la voix de la sagesse, le pédagogue. Mais je ne voulais pas l’entendre, je ne voulais pas me sentir analyser. Pourtant, je ne pouvais m’empêcher d’entendre. Une chose qui arrive souvent aux aurors ? Mais alors pourquoi personne n’en parle ? Pourquoi personne ne nous aide à retrouver la lumière ? Il devrait y avoir des gens pour ça ! Qui auraient des vraies méthodes, pas des gens comme la personne qui me faisait face, pas des gens qui s’amuse à vous mettre tête en bas pour vous pousser à bout. Je sais ce que tu dirais Dim, que ça n’a pas si mal marché, je lui ai dit ce qui n’allait pas, j’ai laissé sortir ce qui me brisait. Et je me sentais mieux. Un peu, si peu. Je le laissais parler, je faisais celle qui n’écoutait pas. Comme si ça n’avait pas d’importance. Pourtant, j’écoutais chaque mot qu’il prononçait.

Non, le suicide n’était pas un acte de courage. C’était lâche, terriblement lâche. Mais parfois c’était la meilleure chose à faire. Quand on est vraiment perdue, quand on ne trouve plus la route, quand on ne voit plus la lumière. Quand le monde est sombre. Quand mon monde est sombre. Mon soleil, pourquoi es-tu parti ? On dit que les astres meurent tous un jour. Mais toi tu n’avais pas le droit, tu devais être éternel. Tu étais mon astre, pas celui des autres. Tu devais briller pour moi et moi seule. Mais le trou noir t’as aspiré, seulement il m’a prise aussi. Non, je crois que je vois de la lumière, au loin. Mais je suis sûre que c’est un mirage. Une hallucination. Suis-je devenue si folle ? Pourtant il me semble que je ne m’enfonce plus. Je reste juste, au fond tu trou. Immobile. Perdu. Je préférais tomber…

Partir, il me parlait de partir. Mais je ne voulais pas partir ! Oui, le tribu était trop lourd mais non, je ne voulais pas reconstruire ma vie. J’avais besoin de voir ces bancs où nous nous sommes embrassés, besoin de retourner dans ce restaurant où nous avons mangé. Tu sais, Dim, j’ai trouvé la bague. Celle que tu cachais dans ta table de nuit. Celle que tu prévoyais de m’offrir ? Tu sais j’aurais dit oui, tellement oui. J’aurais tellement voulu devenir ta femme ! Parfois je la porte, cette bague. Pour sortir. Parce que dans mon cœur je suis ta femme. Et je le serais toujours. Je t’aime si fort… alors je ne supporterais pas de quitter cette ville où nous avons vécu, elle est si pleine de souvenirs ! D’images de toi, de moi, de nous, du futur que nous aurions dut avoir…

Il me rendit mon badge. Je n’en voulais plus. Ou si. Ou non. Je n’en savais rien. Il me parla de temps, de congé, de vacances. Mais je ne voulais pas. J’avais besoin de m’enterrer vivante dans une tache, besoin de m’empêcher de penser et de réfléchir. Je ne voulais pas apprendre à me connaitre, je savais qui j’étais, je suis ta femme ! Je n’avais plus d’amis, pas vraiment de famille. Les gens ne comprenaient pas. Soudain, je pensais à Alan. Peut-être qu’il avait aussi vécu ça, lui, les doutes, l’horreur, la honte de soit même. Peut-être que lui, il pourrait m’aider ? M’aider vraiment, à force de mots et de patience. On s’entendait bien à l’époque où on travaillait ensemble. Voudrait-il me revoir ? Je n’en savais rien, mais j’étais sûre d’une chose : je ne voulais pas me retrouver chez moi (chez nous) à rien faire, obligée de penser.

« Non, je ne veux pas… je ne veux pas de congés ! » balbutiai-je consciente de l’étrangeté de ce que j’étais en train de dire. Les gens ne refusaient jamais les congés. Mais moi si, j’étais vraiment en train de le faire.

Mais je ne voulais pas me battre non plus, je ne voulais pas retourner sur le terrain, repartir en mission. Je voulais quelque chose de calme. Je voulais être assignée à la protection de quelqu’un, de quelque chose. La chose ou la personne m’importait peu. L’important était d’être occupé.


« Assignez-moi à la protection de quelqu’un ou de quelque chose ! Trouvez-moi quelque chose de calme, mais j’ai besoin de travailler ! Je ne veux pas rester chez moi, je ne veux pas… j’ai besoin de m’occuper à quelque chose, même si c’est débile ! »

Après tout, le contenu du travail n’avait pas la moindre importance. Ho Dim, je suis tombée si bas sans toi ! Tu te rends compte ? J’espère que là où tu es tu n’as pas trop honte de moi. J’espère que tu m’aimes encore. J’en doute. Le mieux est de ne pas savoir. Car si jamais tu ne m’aimais plus, je n’aurais plus qu’à recommencer à couler. Recommencer ? Ai-je arrêté ? Je n’en sais trop rien. Je suis perdue au fond d’un trou, immobile. Je n’étouffe plus. Pourtant, mon cœur saigne toujours. J’ai toujours aussi mal. Mais quelque chose à changé…

« S’il vous plait. Même un travail de débutant, ça n’a aucune importance. »

J’aurais pus lui faire des yeux suppliant. Je crois qu’une demie seconde durant, je l’ai fait. Puis je me suis souvenue de qui j’étais. Ta femme. Et j’ai cessé aussitôt. Demander de l’aide, pour une fois oui. Mais l’obtenir parce que je fais pitié. Jamais.

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Jason Hawkins

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MessageSujet: Re: Neurasthénie : douleurs sans plaies.   Mar 30 Aoû - 12:15

« Non, je ne veux pas… je ne veux pas de congés ! »

L'écoutant s'exprimer de manière quelque peu maladroite, le directeur du département des Créatures Magiques crut discerner quelque chose dans son regard, peut-être une infime étincelle qui prouvait qu'il était bien en train de parler à un être humain et non pas à une coquille vide.

« Assignez-moi à la protection de quelqu’un ou de quelque chose ! Trouvez-moi quelque chose de calme, mais j’ai besoin de travailler ! Je ne veux pas rester chez moi, je ne veux pas… j’ai besoin de m’occuper à quelque chose, même si c’est débile ! »

Bien qu'il eut été un maître en légilimencie et qu'il aurait été très facilement en mesure de pénétrer dans son esprit, il s'en abstint. En effet, les émotions qui bouleversaient la jeune femme étaient lisibles dans ses yeux : son amour pour le défunt Dimitry, son désespoir, sa peur de ne plus être digne de l'affection que le Mangemort lui avait portée...

« S’il vous plait. Même un travail de débutant, ça n’a aucune importance. »

Au vu de la vulnérabilité qu'elle exhibait, il lui aurait été très facile de la briser. Une seule parole et elle se serait très certainement effondrée plus vite qu'un château de cartes. Toutefois, telle n'était par l'intention de Jason. Ce dernier désirait voir la jeune femme renaître de ses cendres, dans un but précis bien sûr, et pour cela, il lui faudrait déployer un certain nombre de ressources mais ce n'était pas bien grave.

Ouvrant le deuxième tiroir de son bureau, il en sortit un dossier sur lequel figuraient les armoiries de Poudlard, qu'il ne tarda pas à ouvrir. Passant la première page, il en sortit un morceau de parchemin qu'il tendit à Maëlinne.


- Ceci est une requête formulée par le professeur Alan Parrish, avec l'accord de la directrice de Poudlard. Le professeur de Défense contre les Forces du Mal désirerait qu'un Auror soit envoyé à l'école pour y servir de liaison entre Poudlard et le Ministère, ainsi que pour apporter une protection supplémentaire à l'établissement. L'Auror affecté à Poudlard sera également présent pour apporter son aide au professeur et le seconder, au besoin, pendant ses cours.

Hawkins fit une pause, laissant à son interlocutrice le temps nécessaire pour parcourir le parchemin du regard avant de poursuivre sur un ton neutre.

- J'ai reçu déjà plusieurs candidatures pour ce poste mais elles provenaient surtout de parents désireux de voir leurs enfants plus souvent. Je préférerais envoyer un Auror impartial vis-à-vis de la population étudiante. Ceci n'est bien évidemment pas un ordre, simplement une proposition qui, je l'espère, correspond à vos attentes actuelles.

Délaissant son bureau, l'homme aux cheveux bruns et au regard perçant s'avança dans sa direction, s'arrêtant toutefois à une distance raisonnable, les mains bien en évidence, pour ne pas paraître menaçant.

- Soyez cependant consciente qu'il s'agit d'une mesure temporaire et non pas définitive. Vous pourriez occuper ce poste pendant au moins quelques mois mais sans doute pas plus de deux ou trois ans. Par conséquent, mettez ce temps à profit pour aller de l'avant.

S'asseyant sur la chaise qu'il avait fait venir jusqu'à lui à l'aide de sa baguette et d'un sortilège silencieux, le jeune homme fixa l'Auror du regard, l'air parfaitement détendu, avant de poser la question fatidique.

- Acceptez-vous cette proposition, mlle Aballain ?
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Maëlinne Aballain

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MessageSujet: Re: Neurasthénie : douleurs sans plaies.   Dim 4 Sep - 17:47

Je suis crédule. Je le sais. C’est un de mes multiples défauts, et tu m’as souvent dis de ne pas faire confiance aussi facilement, qu’un jour, ça me ferait mal. Quand tu me disais ça, il y avait toujours au fond de tes yeux une lueur de tristesse que je ne comprenais pas. Maintenant, je sais. Tu pensais donc que j’avais tord de croire en toi ? Tu te disais que si j’avais su dans quel camp tu te battais je t’aurais moins aimé ? C’est tellement faux… peut m’importe que tu sois un ange ou un démon, je sais bien ce que j’aimais chez toi. Ton sourire, ta voix douce… pour toi j’aurais fait n’importe quoi. Mais pourquoi est-ce que je pense au passé ? Pour toi, pour ta mémoire, pour ton souvenir, je ferais tout mon possible et même l’impossible. Je me jetterais vive dans les flammes si elles pouvaient te faire renaître… et je trouverais une façon de te faire revenir mon amour. Mais avant, il faut que je trouve une façon de rester digne de toi…

Je disais donc que je suis crédule. Et bêtement, j’avais un soudain accès de confiance envers Mr Hawkins, sans avoir aucune raison. Je voulais sans doute croire qu’il trouverait comment m’aider… il sortit un dossier de son bureau, avec un symbole que je ne reconnu pas de suite, et pour cause je ne les ai jamais porté, ces armoiries. Mais après quelques secondes, je compris. Poudlard. L’école de sorcellerie anglaise.

Je regardais le papier, les yeux grands ouverts. Je n’étais pas sûre de comprendre. Me proposait-il d’aller à Poudlard ? Avec Alan ? Je ne sais pas si tu te souviens de lui Dim. C’était mon ami. Avant. Je ne l’ai pas revu depuis très longtemps. C’est étrange comme les amis se perdent de vue, sans vraiment qu’on s’en rende compte, tu ne trouve pas ? On les oublie peu à peu, comme une odeur que le vent emporte, un parfum qui s’estompe et dont bientôt le nom nous échappe. Tu es le seul qui reste dans mon cœur, dans ma tête. Le seul dont le nom est gravé au fer rouge dans ma chair. Et pourtant, tu sais, ton odeur aussi s’en va, elle disparait avec le temps. J’aimerai bien la retenir, mais je n’y arrive plus, elle s’échappe. Est-ce parce que, de là haut, tu commences à m’oublier ? à arrêter de m’aimer ? Regarde-moi Dim, je t’aime ! Écoute comme mon cœur t’appelle, tu n’as pas le droit de m’oublier. Comme tu n’avais pas le droit de me quitter. Reviens je t’en pris…

Il me parla des parents qui, à travers ce poste, ne voyais qu’une occasion de voir un peu plus leurs enfants. Ceux qu’ils ont la chance d’avoir et que nous n’auront jamais. Tout ce qu’il me reste de toi, c’est Alison. Mais elle n’est pas à Poudlard, et de toute façon, je n’ai même pas le courage de m’occuper d’elle. Chacun de ses regards me transperce le cœur et me rappelle que tu n’es plus à mes côtés. Mais tout me rappelle ton absence, chaque mur, chaque banc public, chaque oiseau dans le ciel, chaque simple battement de cœur…

Je ne savais pas quoi lui répondre, quoi lui dire. Je restais assise dans le fauteuil, tellement bête et abandonnée… il s’approcha lentement de moi, et je m’enfonçais dans le fauteuil. Je savais qu’il ne voulait pas se montrer menaçant, il avait les mains bien en évidence et ne semblait pas vouloir prendre sa baguette. Je ne suis pas une peureuse, tu le sais bien. Avec toi dans ma vie, j’étais prête à affronter tout les méchants de cette terre. Même toi peut-être… mais pourtant, je ne pouvais m’empêcher d’avoir une pointe d’angoisse, le souvenir de ce qu’il m’avait fait toujours bien présent dans ma mémoire.

Lorsqu’il s’assit en face de moi, je compris qu’il attendait une réponde. Maintenant ? Mais mais… je ne savais pas quoi dire moi ! Pitié, qu’il ne me demande pas une réaction immédiate… oui, bien sûr, ça semblait une bonne idée, mais supporterais-je de voir tous ces ados tout le temps ? Pire, Alan supporterait-il ce que je suis devenue ? à l’époque où il me connaissait, j’étais une femme forte, fière, je me battais la tête haute. Mais maintenant… j’aimerais bien tu sais, être forte. Mais parfois je m’effondre, et je me rappelle que je suis si faible face à la mort. Ta mort. Pourtant, je tentais, à cet instant précis, de retrouver un peu de mon assurance passée. Comme pour lui montrer que j’existe encore un peu, à cet homme qui me fait face.

Quand il me demande une réponse, je tressaille, mais je garde le dos droit.


« je ne … »

Je veux avoir l’air assurée, mais ma voix trahie tout mes doutes. Et si Alan ne voulait pas travailler avec moi ? S’il avait honte de voir ce que je suis devenue ? Mais tout à coup, il me semble que tu es là, juste à côté de moi. C’est comme si je t’endentais, comme si je te voyais me pousser dans cette direction. Prendre cette nouvelle route, qui peut-être monte vers la lumière….

« J’accepte. »

Je l’avais dis. Trop tard pour revenir en arrière, j’avais dit oui. Deux petits mots qui semblaient bien frêle comparé à l’engagement qu’ils représentent… là-haut, es-tu fier de moi ? J’espère. Depuis que tu es parti, c’est la première fois que je prends une décision qui me fait aller de l’avant. Une petite voix me dit qu’elle m’éloigne de toi. Mais je sais que si tu étais là, tu m’aurais dit d’accepter. D’ailleurs, je t’ai senti à mes côté quand ces mots son sorti. J’aurais juré que dans l’air, je t’ai vu sourire. Tu disais toujours qu’il venait un jour ou nous devions savoir prendre notre courage à deux mains et avancer. Alors j’avance tu vois.

« J’espère juste que Mr Parrish acceptera ma candidature… »


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Jason Hawkins

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MessageSujet: Re: Neurasthénie : douleurs sans plaies.   Dim 9 Oct - 9:50

« J’accepte. »

Et voilà. Il lui avait certes fallu un bon moment pour réussir à articuler cette réponse mais elle l'avait fait. Comme quoi, cela démontrait une fois de plus que les méthodes d'Anna étaient toujours aussi efficaces : le bâton puis la carotte, distillées en des quantités savamment dosées, pouvaient accomplir des miracles.

En l'occurrence, ce n'était pas vraiment un miracle mais en toute honnêteté, le directeur du Département des Créatures Magiques n'avait pas été certain qu'elle accepte. Au stade actuel de sa dépression elle aurait pu tout simplement lui présenter sa démission et aller se pendre quelque part, dans l'espoir de rejoindre McLyn dans je ne sais quel paradis ou enfer...

Bref, que son choix ait été fait en mémoire de son défunt amant ou bien pour prendre un nouveau départ, le résultat demeurait le même : Maëlinne Aballain partirait bientôt pour Poudlard et constituerait une parfaite diversion pour Parrish. Après les morts de Slughorn et du jeune Dean Anderson, le professeur de Défense Contre les Forces du Mal se montrait plus suspicieux que jamais. Voilà pourquoi il lui fallait à tout prix protéger la couverture de Heather Taylor en usant tous les moyens à sa disposition.

Bien évidemment, ce n'était pas la seule raison de cette décision. En venant en aide à Maëlinne, il espérait commencer à gagner sa confiance, et ainsi se rapprocher un peu plus de l'Ordre du Phénix. Leur espion n'avait pas été en mesure de leur apporter des renseignements cruciaux depuis un long moment, sans doute en raison des précautions prises par Potter et sa bande de pigeons flambés.... mais Jason était patient. Il finirait bien par les débusquer avant d'offrir la carcasse rôtie du Survivant aux pieds de Lord Aegnor.

Néanmoins, la voix de Maëlinne le tira de se réflexions.


« J’espère juste que Mr Parrish acceptera ma candidature… »

Hawkins lui adressa un léger sourire avant de répondre d'une voix amusée.

- Je n'ai aucun doute à ce sujet. Figurez-vous qu'Alan Parrish vous a personnellement recommandée pour ce poste mais il avait spécifié de ne pas vous le révéler avant que vous n'ayez pris votre décision.

Le Bras Droit du Seigneur des Ténèbres sortit ensuite une liasse de parchemins du dossier et les posa sur le bureau, avant d'attraper une plume qu'il posa à côté.

- Je vous demanderais de lire puis de signer ces quelques documents, qui résument votre affectation à Poudlard, les responsabilités qui vous y incomberont et quelques autres subtilités juridiques. Avez-vous d'autres questions à me poser à ce sujet ?


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Maëlinne Aballain

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MessageSujet: Re: Neurasthénie : douleurs sans plaies.   Mer 19 Oct - 17:28

Mais avancer c’est si dure sans toi, tu te rends compte ? Je me sens si faible face à la vie et face à tout. J’ai été incapable de t’empêcher de partir, alors que tu étais là, dans mes bras, en train de … en train de… en train de MOURIR ! C’est tellement horrible de t’associer à ce mot tu sais, c’est la première fois que je le fais. Et ça m’arrache le cœur. Ou ce qu’il est restait encore…

Je regardais le directeur de département sourire sans vraiment le voir. Je ne savais plus si j’avais bien fait d’accepter ou pas, si , si, si…


- Je n'ai aucun doute à ce sujet. Figurez-vous qu'Alan Parrish vous a personnellement recommandée pour ce poste mais il avait spécifié de ne pas vous le révéler avant que vous n'ayez pris votre décision.

Cet homme avait le don pour réveiller ce que je croyais avoir perdu en même temps que toi. Maintenant, le sentiment d’injustice, presque de colère. Faible bien sur, Alan est mon ami. Mais j’ai comme l’impression qu’il m’a manipulé. Et je n’aime pas ça. Du tout. Je déteste ça ! C’est pour les faible, c’être manipulé. Et je ne suis pas faible. J’ai l’impression de passer ma vie à me contredire, même en pensé. Je ne sais plus quoi dire, quoi penser quoi faire… et c’est un sentiment juste horrible. Avec toi, je me posais jamais ce genre de question, tout était toujours simple et évident, tu étais comme le pilier de ma vie. Etais. Je commence à parler de toi au passé. Je me hais. Ou bien peut-être que je te hais d’être parti sans moi. Ou peut-être que je t’aime toujours autant… je t’aime si fort tu sais mais je t’en veux de ne pas m’avoir emmené avec toi…

- Je vous demanderais de lire puis de signer ces quelques documents, qui résument votre affectation à Poudlard, les responsabilités qui vous y incomberont et quelques autres subtilités juridiques. Avez-vous d'autres questions à me poser à ce sujet ?

Il avait sorti une liasse de parchemin qu’il venait de poser sur le bureau. Elle était énorme. Tu rirais si tu étais là, parce que tu sais à quel point je déteste toute cette paperasse. Pourquoi rentre les choses toujours aussi compliquées ? J’avais dis oui, c’était bien suffisant non ? Pourquoi tant de papier et d’histoire ? J’allais devoir les lire, et ça me ferait réfléchir encore, et sans aucun doute regretter d’avoir dit oui et … tu te souviens, ces papier que tu as lu à ma place ? je ne sais plus pour quoi c’était, mais c’est toi qui t’étais chargé de me faire un résumé à la fin…

Je jetais un regard à Mr Hawkins, mi-ennuyée mi découragée

« je dois lire tout ça ? vous n'avez pas un résumé ? »

Je souris. Pour la première fois depuis très longtemps. Sans même y penser. Pas forcément un sourire joyeux. Mais pas non plus un sourire vide. Juste un sourire comme ça, en passant. Pour être un peu vivante et être un peu là...

« ce sont mes seules questions… »

Spoiler:
 

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Jason Hawkins

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MessageSujet: Re: Neurasthénie : douleurs sans plaies.   Ven 16 Déc - 18:53

L'air maussade qu'arborait la jeune femme tandis qu'elle contemplait les parchemins qu'il venait de lui donner en disait beaucoup sur ce qu'elle pensait de toutes ces formalités juridiques. Jason n'était toutefois pas surpris, cette aversion pour la paperasse avait été mentionnée dans le dossier de l'Auror par un de ses anciens supérieurs. Il l'avait décrit comme "une excellente agent de terrain mais peu motivée pour le travail de bureau".

Les questions que lui posa Maëlinne lorsqu'elle releva finalement la tête le confortèrent dans ses hypothèses.


« je dois lire tout ça ? vous n'avez pas un résumé ? »

Il eut alors la surprise de voir un sourire fleurir sur ses lèvres, le premier vrai sourire qu'il l'avait vu esquisser depuis son entrée dans son bureau et probablement aussi l'un des premiers depuis le décès de son compagnon.

« ce sont mes seules questions… »

Hawkins se contenta de secouer la tête d'un air faussement las avant de répondre à ses questions, un léger sourire flottant aussi sur ses lèvres.

- Le premier parchemin explique les fonctions que vous devrez occuper sur place, notamment les patrouilles régulières, mais il vous donne aussi le droit de fouiller des élèves et, avec le consentement de leur directeur de maison, leur dortoir. En retour, il vous est stipulé de ne pas abuser de votre autorité et surtout de ne pas divulguer ce que vous pourriez apprendre à des sources extérieures au Ministère, comme un quelconque journal...

En effet, certains des élèves qui suivaient actuellement leur scolarité à Poudlard n'étaient pas des anonymes aux yeux de la presse britannique. La jeune Leïlan Valingaï avait par exemple fait la une des journaux il y a quelques années de cela, lors de son procès pour le meurtre d'un Mangemort... mais aussi pour avoir reçu l'aide de Jarod Goldsmith, le très médiatique et mystérieux fondateur de la Wolf Bank.

Toutefois, ce n'était pas tout ce qui inquiétait Jason. Certains des élèves scolarisés dans la prestigieuse école de sorcellerie britannique étaient des espions du Seigneur des Ténèbres, au même titre que le professeur de potions et la dernière chose que Hawkins souhaitait voir arriver, c'était qu'ils soient démasqués par une Auror dépressive...


- Le second parchemin est de manière assez simple une liste de tous vos droits et devoirs lorsque vous vous trouverez dans l'établissement. Par exemple, il précise que vous devez protéger les élèves si vous les découvrez dans des situations dangereuses. Il vous donne également le pouvoir de retirer des points d'une maison et d'assigner des retenues aux élèves, là encore avec l'assentiment du directeur de maison de l'élève concerné. Vous êtes autorisée à employer tous les moyens pour assurer la protection des élèves, y compris la force létale si nécessaire, mais seulement et je dis bien seulement, en cas de dernier recours.

Une Auror n'ayant pas le droit de se servir de sa baguette n'aurait pas grande utilité à Poudlard, c'est pourquoi il avait suggéré cette possibilité à son contact du département de la justice magique. De plus, si quelque chose devait mal tourner et qu'un élève venait à perdre la vie par la baguette de Maëlinne, cela lui donnerait à moyen d'être à la fois retirée de l'école tout en évitant des sanctions judiciaires trop sévères... à savoir, une peine de prison à vie à Azkaban.

Se levant de son bureau, le directeur du département des Créatures Magiques alla se servir une tasse de café et en proposa également une à son interlocutrice avant de reprendre la parole.


- Le troisième et dernier parchemin vous donne un statut particulier, vous permettant de ne pas être trop limitée dans vos actions par la Directrice, qui voit d'un assez mauvais oeil l'arrivée d'un membre du Ministère dans son école, fusse-t-il Auror. Il vous place également sous la responsabilité du professeur Parrish, qui se porte garant de votre conduite pendant la durée de votre nouvelle affectation.

Dégustant une gorgée du liquide fumant, Jason posa ensuite son regard sur la jeune femme et prit une dernière fois la parole.

- Une fois ces documents signés, votre affectation sera effective immédiatement mais vous ne prendrez officiellement vos fonctions que d'ici lundi. Si vous avez d'autres questions, n'hésitez pas à me les faire parvenir et sinon... bonne chance.

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Maëlinne Aballain

ORDRE DU PHENIX




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~~ Pensine ~~
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MessageSujet: Re: Neurasthénie : douleurs sans plaies.   Mer 4 Jan - 21:09

Il secoua la tête, un petit air las sur le visage. Un instant, je me dis que j’aurais mieux fait de ne rien dire. Je parle trop, je le sais bien, tu me le disais sans arrêt. Mais ça te faisait rire, tu disais qu’un jour ça me retomberait « sur le bout du nez ». Mais il y a des défauts trop profondément installés dont on n’arrive pas à se défaire… et ils y a les vices qu’on cache, tellement profond qu’on oublie d’en parler même à ceux qui auraient pu comprendre. Pourquoi as-tu fais ça ? J’aurais continué à t’aimer tu sais, comme je t’aime encore aujourd’hui et pour l’éternité. Mais un léger sourire apparut sur les lèvres du directeur. Tant mieux. Cette mutation représentait comme une porte de sortie, loin des batailles, dans un univers plus calme, auprès d’un ami. Un ami qui saurait m’aider…

- Le premier parchemin explique les fonctions que vous devrez occuper sur place, notamment les patrouilles régulières, mais il vous donne aussi le droit de fouiller des élèves et, avec le consentement de leur directeur de maison, leur dortoir. En retour, il vous est stipulé de ne pas abuser de votre autorité et surtout de ne pas divulguer ce que vous pourriez apprendre à des sources extérieures au Ministère, comme un quelconque journal...

Oui, jusque là, ça me semblait relativement évident. Je n’allais pas aller raconter ce que je voyais à tout le monde. Même si, avec certains amis, je devrais tenir ma langue et faire des efforts. Mais enfin, je ne voyais pas l’intérêt de risquer de me mettre en danger et de mettre des gens en mauvaise posture en colportant des rumeurs. Même si à toi, j’ai sans doute été souvent trop bavarde. Je t’ai confié tous mes secrets, sans voile, parce que je te faisais confiance. Trop. A qui les as-tu dis ? Parfois, la nuit, cette idée m’effraie. Je pense à ces gens que j’ai croisés dans la journée, ceux qui m’ont un peu trop regardé, et je me demande s’ils savent des choses sur moi. Il me semble parfois qu’il y avait tellement de chose que tu me cachais…

- Le second parchemin est de manière assez simple une liste de tous vos droits et devoirs lorsque vous vous trouverez dans l'établissement. Par exemple, il précise que vous devez protéger les élèves si vous les découvrez dans des situations dangereuses. Il vous donne également le pouvoir de retirer des points d'une maison et d'assigner des retenues aux élèves, là encore avec l'assentiment du directeur de maison de l'élève concerné. Vous êtes autorisée à employer tous les moyens pour assurer la protection des élèves, y compris la force létale si nécessaire, mais seulement et je dis bien seulement, en cas de dernier recours.

La force létale, mais bien sur. Sous mon allure de femme mince et frêle, je suis Mr muscle. Non, je suis parfaitement incapable de maitriser quelqu’un. Bon, même s’il faut prendre en compte que les gamins de Poudlard sont des fois très jeune. Enfin, les premières années. Ceux là, à la limite si je leur saute dessus, je pourrais les plaquer au sol. Et puis, de toute façon, je suis une auror, donc je suis sensée être bien plus agile qu’eux avec une baguette. Donc, je devrais m’en sortir. Après tout, j’ai été formé pour être meilleure que meilleur qu’eux. Tellement que j’aurais du être capable de te protéger. De te sauver.

Il se leva et se servit une tasse de café. J’en acceptais une aussi. Du café bien chaud pour se remettre les idées en place. Je devais prendre une décision et signer ses papiers. Je suis désolée Dim, mais ça n’était pas le moment de m’égarer et de retomber dans ces angoisse et ses peurs nocturnes.


- Le troisième et dernier parchemin vous donne un statut particulier, vous permettant de ne pas être trop limitée dans vos actions par la Directrice, qui voit d'un assez mauvais oeil l'arrivée d'un membre du Ministère dans son école, fusse-t-il Auror. Il vous place également sous la responsabilité du professeur Parrish, qui se porte garant de votre conduite pendant la durée de votre nouvelle affectation.

Je bus une gorgé de café. J’hésitais encore. Ce qui n’était pas mon style. Tu disais souvent que je fonçais, tête baissée sans réfléchir. Moi, je cours d’abord, je me demande ce que je fuis après. C’est… plus simple. Alors pourquoi je me posais toutes ces questions ? je n’avais, à vrai dire, pas vraiment le choix. Je ne pouvais pas continuer avec ces combats. Je ne pouvais plus tuer ces gens qu’on disait mauvais. Comment peut-on se dire meilleurs qu’eux lorsqu’on utilise les même armes ? les mêmes actes horribles.

Je posais ma tasse sur le bureau. Et je décidais d’arrêter de réfléchir. Agir. Avancer. Pour la première fois depuis que tu es parti, j’allais prendre une vraie décision. Il ne tenait pas vraiment les papier. Comme s’il me laissait la possibilité de les prendre. Ce que je fis. Un peu brusquement. C’était pas voulu, mais disons que je… bon, d’accord, je stressais un peu…


« bon, et bien, je suppose que c’est la meilleure décision que je puisse prendre… »

J’attrapais un plume sur le bureau. Et la main un peu tremblante, je signais. Sans prendre la peine de lire les papiers en entier. Je me doutais qu’il n’y avait pas de règles horribles à suivre, tel que tuer tous les serpentards passant à ma porté ayant l’air un peu suspects. J’avais entendu dire qu’ils étaient les pires. Enfin, ceux qui finissaient le plus souvent chez les mangemorts.

« bon, et bien… voilà… c’est fait… »

Je me sentais un peu mal à l’aise. Avec une pointe de regrets. Non, pas de regrets, les regrets sont mauvais et je savais que j’avais bien agis. C’était ce que je pouvais faire de mieux. Ce que je devais faire. Mon Dieu, Dim, dis moi que tu es fier de moi. J’en avais la certitude, il y a quelques minutes. Mais maintenant… et si je m’éloignais de toi ? non, je suis sûre que c’est ce que tu aurais voulu…

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Neurasthénie : douleurs sans plaies.

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